Réminiscence d’Homère
cf. Cuéntrer, L’Arveugle :
Croissez, comme j'ai vu ce palmier de [Latone,
ÂAlors qu'ayant des yeux je traversais Les flots ;
Car jadis, abordant à la sainte Délos, Je vis près d’Apollon, à son autel de . -[pierre,
Un palmier, don du ciel, merveille de à [la terre.
(Añhw 0h rote Totov 'ATOÀÀw- VOS Tapà Ruué — polvrxos véov : "AVEDY OUEVOY ÉVONTX «+.
dys., VI, 162-3.) -
6. Encore un vers où la mélodie des mots fait admettre une image singulière. Ilest très probable, d’ailleurs, que Mus-
set se souvienne ici d'Homeére,
Îliade, IT, 751-4 :.« L’heureux Titarésios, qui jette ses bel-les eaux dans le Pénéios, et ne se mêle point au Pénéios aux tourbillons d'argent, mais coule a sa surface comme de l'huile.»
Trad. Leconte de Lisle). Cf. le ete dans la Nuit de Mai, p.
7. On sait que l’ambre avait, bien avant Musset, droit de cité
dans la poésie. Mais ce mot
désigne deux substances-diffé-rentes, l’une recherchée pour son parfum (MILLEVOYE, Elégies:
Que l’ambre le plus pur s’exhale a tes -festins), l’autre pour $a transparence (et pour ses qualités industrielles). C’est à celleci que, pense Musset. On Pap-
pelle aussi suecin: il « se trouve :
particulièrement dans les dunes sablonneuses qui bordent
Je rivage de la mer Baltique.»
THÉNARD, Traité de chimie, dans ITTRÉ.) tre Dans le poème de l’/Znvention, d'A. Chénier, A. de Musset avait lu de jolis vers sur l’ambre, symbole de la poésie, or
A CE Abe NME, ‘ Dee MORE Pre
Comme une goutte d’eau sur la grenade en fleurs !, NINON
Les vôtres, mon ami, sont inondés de pleurs.
SILVIO
Le son de votre voix est comme un bon génie
Qui porte dans ses mains un vase plein de miel. Toute votre nature est comme une harmonie ;
Le bonheur vient de vous, comme il vous vient du ciel. Laissez-moi seulement baiser votre chaussure ; Laissez-moi me repaître et m'ouvrir ma blessure ?. Ne vous détournez pas ; laissez-moi vos beaux yeux. N’épousez pas Irus, je serai bien heureux.
Laissez-moi rester là près de vous, en silence,
La main dans votre main passer mon existence
A sentir jour par jour mon cœur se consumer %..
NINON Taisez-vous ; — j'ai promis de ne pas vous aimer.
[Dernière scène, très courte :
Laërte est assis sur une estrade, Irus à
sa droite, en habit cramoisi et l’épée 4 la main, solennel comme toujours; il se prend vraiment pour: l’emblème de l'honneur familial offensé. Ninette et Ninon éntrent, habillées en bergères : pourquoi ? c’est, je pense, qu’elles ont lu l’Asfrée. Charmante parodie de l’esprit romanesque : elles demandent à expier en gardant les moutons. Mais
un maire et un notaire se, présentent, et Laërte à Ninon :
Allons, mon Angélique, embrassez votre époux.
Ninette n’a pas de mari, mais elle a un frère. Et Irus?
Soyez heureux aussi; — votre habit vous va bien.
Spadille et Quinola ses deux valets, l’un qui a l'air d’un cuistre et l’autre d’une oie, ne démentent pas Laërte,]
fluide, or diaphane, larmes précieuses, qu'on recueille au bord du froid Miémen. |
1. Noter ce qu'il y-a de composite en l’exotisme de cet amoureux : le Nord et l’Espagne, voisine de l'Afrique, ou, par le climat, du Levant (le palmier vert), se mélentdans ce couplet.
Mais le vaporeux domine, : -
2, Cf. Nuit de Mai. « Laisse-la -s’'élargir, cette sainte blessure,
2 nes
— que les noirs séraphins t'ont faite au fond du cœur. »
3. Pour exprimer la douceur «détruisante » de amour, Musset retrouve les termes de l’adoration mystique. Cf. FÉNE- LON, Lettres spirituelles : « Nous sommes nés pour être brûlés et nourris toul ensemble de cet amour (divin), comme un.flambeau pour se consumer devant celui qu’il éclaire. »
Conte oriental,
L'œuvre expliquée !
[Oriental,-par dérision de POrientalisme à la mode :
Considéréz aussi que je n’ai rien volé
A la Bibliothèque ; — et bien” que cette histoire Se,passe en Orient, je n’en ai pre LS
Si d’un coup de. pinceau je vous avais bâti N Queique ville aux toits’ bleus, queique blanche mosquée, Quelque tirade en vers, d’or et d’argent plaquée, Quelque description de minarets flanquée,
Avec l’horizon rouge et le ciel assorti, M'auriez-vous répondu : : « Vous en avez mentil »|
Analyse et Extraits ; ss
[Le héros de l'aventure, Hassan, c'est Musset lui-même; indolent,... 1" Mn des mains de palricien, l'aspect fier el nerveux, indignement naïf ebi pourtant très blasé, — horriblement sincère, e/ pourtant bres rusé." FE à
Vous souvient-il, lecteur, de cette sérénade
Que don Juan? déguisé chante sous un balcon? — Une mélancolique et piteuse chanson,
. Respirant la douleur, l'amour et la tristesse. Mais l'accompagnement parle d’un autre ton.
Comme il est vif, joyeux! avec quelle prestesse Il sautille! — On dirait que la chanson caresse
Et couvre de langueur le perfide instrument, ROMA Fi Tandis que l’air moqueur de l’accompagnement : \TITSS
4. Namounû fut écrittrès vite; | du Spectacle dans un fauteuil, comme l'avait été Mardoche (p. |! que l'éditeur trouvait mince. 92), — pour corser le volume a ve pus loin p. 168.
FiG. 23. — Lord Byron dessiné par'‘Musset en 1840. Collection de M": Lardin de Musset.
(Cliché de la Société « Les Mussettistes ».)
Cette image peut être une interprétation d’un portrait d'après nature qui aurait plu à Musset ; plus vraisemblablement, le poëte a essayé d’y fixer la vision personnelle que, d’après un très grand nombre de portraits, il s'était faite de Lord Byron qui a tant influé sur lui. (Cf. Namouna. Lettre à Lamartine, etc.)
‘Comparez-la au médaillon de Victor Adam, p. 340. (Cf. L’envers du tableau, à la page snivante.)
F1G. 24. — Lord Byron dessiné par Musset.
| (Envers du tableau.)
L'authenticité est attestée de la main même de Paul de Musset.