‹ Morceaux choisisChapitre 147 sur 439 · CF · texte numérisé non relu

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* J'ai éprouvé cela. C’est ainsi qu'au fond des forêts, lorsqu'une biche avance à petits pas sur les feuilles sèches,

et que le chasseur entend les bruyères glisser sur ses flancs

inquiets, comme le frôlement d’une robe ‘légère, les battements de cœur le prennent malgré lui; il soulève son arme en silence, sans faire un pas, sans respirer. |

| CŒLIO Pourquoi done suis-je ainsi? n'est-ce pas une vieille maxime, parmi les libertins, que toutes les femmes se ressemblent? Pourquoi donc y a-t-il si peu d'amours qui se ressemblent ? En vérité, je ne saurais aimer cette femme

comme toi, Octave, tu l’aimerais, ou comme j'en aimerais,

une autre, Qu'est-ce donc pourtant que tout cela? Deux yeux bleus, deux lèvres vermeilles, üne robé blanche et deux blanches mains. Pourquoi ce qui te rendrait joyeux et empréssé, ce qui t’attirerait, toi, comme l’aiguille aimantée attire le fer, me rend-il triste et immobilet? Qui pourrait

4. Vieille messagére d'amour | qui m'ait désaltéré?.… Sais-tu et porteuse de billets doux. ce que vaut un rêve ? Sais-tu ce 2. Cœlio éprouveun sentiment | qu’a fait évanouir la goutte.

‘tout autre que celui du chasseur ‘huile de Psyché ? Sais-tu si qui voit venir sa proie, mais il | Pygmalion fut heureux quand

n'entend, des propos d’Octave, | son amante sortit de sa statue”?

ue ce qui s’accorde avec son ... Celui qui étend la maïn dès .

émotion. Dans la pensée d'Oc- + ie désire peut-il comprendre tave, l'angoisse délicieuse du de combien de frivolités, de chasseur, qui tremble de laisser ouissances ‘étranges, de com-

semble à celle de l’amoureux, pose le type délicat d’un pareil

ue paralyse la peur d’effarou- | amour ?.. Tous les amours ne se

cher l’objetaimé. Noter :«comme | ressemblent pas, toutes les maile frôlement d'une robe légère. » | tresses se ressemblent. »

3. Cf. Le roman par lettres(1833): 4. Le roman par lettres : «Il « Etais-je donc en délire, quand souffrira longtemps, celui qui j'ai juré qu’elle me serait sacrée, | conçoit les larmes sans but et quand je me suis promis de ne | les douleurs sans motifs, la pi-

jamais flétrir la seule source re de toutes les douleurs...

. échapper une jolie proie, res- | bien de fils mystérieux se com-

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dire : ceci est gai ou triste? La réalité n’est qu’une ombre. Appelle imagination ou folie ce qui la divinise. — Alors la folie est la beauté elle-même. Chaque homme marche enveloppé d’un réseau transparent qui le couvre de la têle aux “pieds ; il croit voir des bois et'des fleuves, des visages divins, et l’universelle nature se teint sous ses regards des - nuances infinies du tissu magique!. Octave! Octave ! viens -à mon secours.

OCTAVE J'aime ton amour, Cœlio! il divague dans ta cervelle comme un flacon syracusain. Donne-moi la main ; je viens à ton secours; attends un peu. L'air me frappe au visage, et les idées me reviennent. Je connais cette Marianne ; elle me déteste fort, sans m'avoir jamais vu. C’est une mince poupée qui marmotte des Ape sans fin.

CŒLIO Fais ce que tu voudras, mais ne me trompe pas, je t'en conjure ; il est aisé de me tromper; je ne sais pas me défier d’une action que je ne voudrais pas faire moi-même ?, ‘OCTAVE Si tu escaladais les murs ?

GŒLIO

Entre elle et moi est une HuAae imaginaire que je n’ai pu escalader. ; OCTAVE Si tu lui écrivais ? | 2 de | de CŒLIO : Eïle déchire mes lettres ou me les renvoie,

OCTAVE

Si tu en aimais une autre? Viens avec moi chez Rosa- * linde.

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