LA ROLLA
Après trois jours de marche, attend un jour d'orage
Pour boire l’eau du ciel sur ses palmiers poudreux,
Le soleil est de plomb, les palmiers en silence
Sous leur ciel embrasé penchent leurs longs cheveux, Elle cherche son puits dans le désert immense, Le soleil l’a séché; sur le rocher brûlant,
Les lions hérissés dorment en grommelant.
Elle se sent fléchir; ses narines qui saignent S'enfoncent dans le sable, et le sable altéré
Vient boire avidement son sang décoloré.
Alors elle se couche, et ses grands yeux s’éteignent,
Et le pâle désert roule sur son enfant Les flots silencieux de son linceul mouvant.
Elle ne savait pas, lorsque les caravanes
Avec leurs chameliers passaient sous les platanes, Qu'elle n'avait qu’à suivre et qu'à baisser le front, Pour trouver à Bagdad de fraîches écuries, e Des râteliers dorés, des luzernes fleuries,
Et des puits dont le ciel n’a jamais vu le fond,
Si Dieu nous x tirés tous de la même fange,
Certe, il a dûü pétrir dans uné argile étrange
Et Sécher aux rayons d’un soleil irrité
Cet être, quel qu'il soit, ou l’aigle, ou l’hirondelle, Quine saurait plier ni son cou ni son aile,
Et qui n’a pour tout bien qu’un mot: la liberté!.
[Sans transition, le poète nous conduit dans une chambre où dort, pile comme la neige, une enfant de quinze ans, presque une jeune femme. « Ne chercherait- -on pas le rouet de Marguerite ? — Dans ce mélancolique et chaste parâdis ? » Or, cette chorale est un bouge, l'enfant qui dort est une courtisane vendue à Rolla. « Silence, quelqu'un, frappel.…. C’est toi, maigre Rolla, que viens-tu faire ici do» Et de nouveau, digression lyrique. ]
O Faust! n’étais-tu pas prêt à SRNEr la terre