‹ Morceaux choisisChapitre 166 sur 439 · Le es fe pistes admiré · texte numérisé non relu

Le es fe pistes admiré

de Mr: de Staël (qui en traduisit quelques scènes dans De l’Allemagne), et où Benjamin Cons-

* tant ne voulait voir qu’ un tes- tament du 18 siècle, incrédule

et moqueur (Journal, an xx :

« . Je trouve que cela vaut moins que Candide; c’est tout

“aussi immoral, aride et dessé-

chant, et il y a moins de légéreté, moins de plaisanteries ingénieuses et beaucoup plus de mauvais goût »), avait été élevé

Ed

TD

Dans cette nuit d'angoisse où l’archange déchu,

Sous son manteau de feu, comme une ombre légère, : T’emporta dans l’espace à ses pieds suspendu 1? Ù N’avais-tu pas crié ton dernier anathème, | Et, quand tu tressaillis au bruit des chants sacrés?, N’avais-tu pas frappé, dans ton dernier blasphème,

Ton front sexagénaire à tes murs délabrés ? :

Oui, le poison tremblaïit 3 sur ta lèvre livide;

La Mort, qui t’escortait dans tes œuvres sans nom,

Avait à tes côtés descendu jusqu’au fond

aux nues par Ch. Nodier, par J.-J, Ampère, qui voyait dans le personnage de Faust«un Byron idéal qui veut de la vie plus

qu’elle n’a », etc. C’est dans la.

traduction de Gérard de Nerval

surtout (1828) que les poètes le lurent. Ils étaient surtout frappés par le fantastique et le sinistre de la légende. Eugène Delacroix avait exposé au Salon de 1827 Méphistophélès apparais-

sant à Faust, à celui de 1828,

Faust et Méphistophéles ; ses dixsept lithographies illustrèrent en 1828 une reédition de la traduction de Stapfer (parue d’abord en 1823). V:sur la diffusion de Faust et les interprétations qui en furent données le livre très savant et pénétrant de F.

Baldensperger, Gœthe en France, chap. IE

Musset voit une ressemblance entre le débauché Rolla, à qui la volupté ne laisse plus voir que le néant de lwvie, et Faust le chercheur de vérité, à qui la

science ne laisse aussi que le

sentiment du néant. L'ass'milation entre Faust et don Juan avait été faite : : Homme dégoûté de tout, disai : Le Globe,et qui ne veut un diable que poui

raviver son goût blasé. » Plus

courante est l’opposition des deux types :, V. Huco, Préface de romwell : « Le premier se damne pour jouir, le second pour connaître... »

— Le doctéur Faust, après avoir tout essayé pour pénétrer le secret des forces naturelles, s'est rendu compte du néant que la science hüuinainé laisse dans l'esprit, du viue qu'eile

‘ fer). À ses pieds suspendu est une

laisse au cœur, et il est prêt à :

se suicider en maudissant Dieu.

1. « Tu vois ce manteau, ‘dit Méphistophélès à Faust, nous n'avons qu’à le jeter sur nous, il nous portera à travers les airs. Pour ce hardi voyage,tu ne prends pas un gros bagage avec toi. Un peu d'air inflammable; ….

que je vâis préparer, nous enlèvera deterre » (traduction Stapimage inventée par Musset, si je ne.me trompe; en tous cas, elle ne lui a pas été suggérée par De- lacroix, qui a bien figuré Méphistophélès dans lesairs, mais seul:

2. Les chants des paysans au matin de Pâques: « Christ est ressuscité... »

3. La coupe Où Faust allait boire le poison ; mais l’expression synthétique de Musset vaut bien mieux que cette tra- duction analytique.Cf.Le Manteau de feu, le vent du matin

ui berce les longs baisers de

oméo et Juliette. etc. :

ä, Les œuvres occultes, mystérieuses de lalchimiste. Musset s'’abstient d’ailleurs de dé-.

crire le laboratoire de Faust. il ne recherchait pas lebric-à-brac, la couleur médiévale ; la poésie chez lui est surtout intérieure.

Au contraire, Th. Gautier ne manquera pas de montrer « La règle .et le marteau, le cercle emblématique, — Le sablier, la cloche et la table mystique, — Un mobilier de Faust, plein de choses sans nom. » Il n’en reste pas moins que le Faust de Musset ressemble bien ici -à un « nécromant de conte noir.»

\ (BAaLD'iN3PERGER, 0p. cit).

F1G. 26. — La légende de Faust dans l’art des contemporains de Musset. (B.N.E.) (Le Méphistophélès d’Eugène Delacroix.)

C'est Méphistophélès dans les airs, d’Eugène Delacroix. (Cf. p: 192, n. 1.)

L'illustration était destinée à la traduction de Faust, donnée par Albert Stapfer en 1833.

ri

Cetteillustration est elle-même beaucoup plus poussée au roman-

tique que la traduction, qui est un peu trop sage.

AVERSITY GE LLNOS

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© ROLLA

La spirale sans fin de ton long suicide !; Et, trop vieux pour s'ouvrir, ton cœur s'était brisé Comme un roc, en hiver, par la froidure usé.’ .- Ton heure était venue, athée à barbe grise; L'arbre de ta science? était déraciné.

L'ange exterminateur te vit avec surprise Faire jaillir encor, pour te vendre au Damnié, Une goutte de sang de ton bras décharné à, Oh! sur quél océan, sur quelle grotte obscure, * Sur quel bois d’aloës et de frais oliviers, Sur quelle neige intacte au sommet des glaciers, Souffle-t-il à l'aurore une brise aussi pure, Un vent d’est aussi plein des larmes du printemps, Que celui qui passa sur ta tête blanchie, Quand le ciel te donna de ressaisir la vie Au manteau virginal d’un enfant de quinze ans {?

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