BLAZIUS
Apprenez, mes enfants, le sujet qui m'amène :
Le jeune Perdican, à sa majorité,
Vient de sortir docteur de l'Université.
Il revient au château, là bouche toute pleine
De discours si savants et de mots si fleuris
Qu'on ne sait que penser, tant on en est surpris ! Toute sa gracieuse et modeste personne
Est un beau livre d'or, où le savoir rayonne, :
Il ne voit pas à terré un brin de romarin
Qu'il ne dise comment on l’appelle en latin.
Il connaît par leurs noms les Empereurs de Rome ; Il vous expliquerait, rien qu'avec une pomme, Comment la terre tourne, et, quand il fait du vent Ou qu'il pleut, il vous dit pourquoi tout clairement. Vous otüvririez des yeux grands comme cette-porte, De le voir dérouler un des beaux parchemins
Qu'il a coloriés d’encres de toute sorte,
Sans rien dire à personne et de ses propres mains. Enfin, c’est un garçon comme on n’en trouve guère
LE CHŒUR
Bayer i maître Blazius, et réprenez vos esprits. Nous avons vu naître le petit Perdican, et il n’était pas besoin, du moment qu’il arrive, de nous en dire si long. Puissions-nous retrouver l'enfant dans le cœur de l’homme !