‹ Morceaux choisisChapitre 194 sur 439 · BLAZIUS · texte numérisé non relu

BLAZIUS

Apprenez, mes enfants, le sujet qui m'amène :

Le jeune Perdican, à sa majorité,

Vient de sortir docteur de l'Université.

Il revient au château, là bouche toute pleine

De discours si savants et de mots si fleuris

Qu'on ne sait que penser, tant on en est surpris ! Toute sa gracieuse et modeste personne

Est un beau livre d'or, où le savoir rayonne, :

Il ne voit pas à terré un brin de romarin

Qu'il ne dise comment on l’appelle en latin.

Il connaît par leurs noms les Empereurs de Rome ; Il vous expliquerait, rien qu'avec une pomme, Comment la terre tourne, et, quand il fait du vent Ou qu'il pleut, il vous dit pourquoi tout clairement. Vous otüvririez des yeux grands comme cette-porte, De le voir dérouler un des beaux parchemins

Qu'il a coloriés d’encres de toute sorte,

Sans rien dire à personne et de ses propres mains. Enfin, c’est un garçon comme on n’en trouve guère

LE CHŒUR

Bayer i maître Blazius, et réprenez vos esprits. Nous avons vu naître le petit Perdican, et il n’était pas besoin, du moment qu’il arrive, de nous en dire si long. Puissions-nous retrouver l'enfant dans le cœur de l’homme !

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