DES
. Drame en cinq actes.
L'œuvre expliquée. (Cf. Zutroduclion, p. 33.)
[Le 1e août 1834 paraissait, à la Librairie de la REVUE DES DEux MoNDbeEs, la deuxième livraison du Spectacle dans un fauteuil, contenant : un-Avant-Propos, où Musset revendique le droit de s'inspirer des maîtres, contre ceux-qui lui avaient reproché de les plagier. (« Oler aux jeunes gens la permission de s'inspirer, c'est refuser au génie la plus belle feuille de sa couronne,
l'enthousiasme ; c’est 6ler à la chanson du pdtre des montagnes le plus doux charme de son refrain, l’écho de la vallée. ») ; puis Loren-
zaccio, le texte italien des Chroniques florentines, d’où ce drame est tiré, les Caprices de Marianne, André del Sarto, Fantasio, On ne badine pas avec l'amour, et la Nuit vénitienne. De ces pièces, . Lorenzaccio seul était inédit. Musset en avait rapporté le sujet - d'Italie. Passant par Florence pour aller à Venise avec George
Sand, il s’y était arrêté deux jours, qu’il avait employés à feuilleter les Chroniques de Varchi!, Un document, communiqué par M. de
Lovenjoul à M. Lafoscade (V. de celui-ci: Le Thédtre d'A , de Musset,
p. 129, note), prouve que G. Sand avait traité Le sujet, avant qu’elle ne se fût liée avec Musset (Scène historique; Une conspi-
ration en 1537): « Certaines idées prises dans G: Sand ont müri
chez Musset... » Mais la comparaison laisse à peu près intacte loriginalité de Musset : « L'œuvre de G. Sand contient des longueurs, les caractères y sont simplement ébauchés, la conclusion philosophique et la moralité historique n’y sont indiquées qu’in-
cidemment. » EUR Vi
Au contraire, tout cela prend un relief, une couleur, un accent jyrique et dramatique très puissants dans le drame de Musset, Le
4. D'après une opinion long- : temps accréditée, M. Lafoscade admet que Musset ait pu feuil-
* Jeter l’un des manuscrits de Var-
- chi à Florence; mais Pextrait donné en: italien dans la 1rédi tion « ne ressemble à aucun de ces manuscrits», tandis qu’il est presque identique à l’édition courante des Classici italiani,
traiter le sujet,
Sand ait parlé du sujet à Musset, que la curiosité de celui-ci, ainsi éveillée, se soit satisfaite
en feuilletant les manuscrits de
Florence, puis, que, voulant.
e retour en France, il ait usé de l'édition la.
lus commune des Chroniques.
l'avait eu l'émotion du docu-
- ment manuscrit, | Milan, 1803-4. Mettons que G..l' : °
plus shakespearien de tous ceux qu’il ait conçus, et de tous céux que ‘les romantiques aient réalisés, et probablement le chef-
d'œuvre du théâtre romantique, par la vie abondante et tumul-
tueuse qui remplit la scène, par la profondeur et la justesse du sentiment historique, par la vie intense et fougueuse des caractères, ou par les ombres mystérieuses que le poète a ménagées
autour de quelques-uns, par la méditation philosophique vers”
laquelle il incline le spectateur, tout en déployant devant lui
des tableaux opulents, ou frénétiques, ou pénétrés de rêverie. La pièce a aussi un caractère de confidence personnelle très
frappant (V. l’Introduction et les notes, p.33 sqq). C’est de la
maladie morale de Musset que Lorenzaccio est attéint ; ‘ét side °!
poète a su faire dire si bien, à cet idéaliste déchu, à ce ‘candide corrompu, SON rêve d’ accomplir une action héroïque, absolvante, c’est que lui-même, du fond d’abjection où 1! se sentait glisser, aspirait, de toute son âme « faible et violente » aussi, 3 limpossible action qui l'aurait sauvé. L'auteur des Vœux stériles (v. p.116) va nous donner ici le fond de sa pensée.
D’après M. Lafoscade, qui a vu les brouillons de Lorenzaccio, Benvenuto, Cellini devait. d’abord figurer dans la pièce. Il appor-: tait une médaille à l'effigie d'Alexandre de Médicis; Lorenzo disait qu'il donnerait à la médaille un revers. On sait déjà combien Musset s’intéressait aux artistes de la Renaissance (w. p. 119, et cf. p. 175).
Lorenzaccio a été représenté pour la première fois par Mme Sarah. Bernhardt, au Théâtre de Ia Renaissance, le 3 décembre 1896: Mais M. d'Artois avait dû beaucoup l'alléger. Voir sur-ses reimaniements, Lafoscade, op. cif., Musset à la scène. |