VENTURI
€ Seigneur, je suis à la tête d’une fabrique de soie; mais c’est me faire une injure que dé m'appeler marchand?.
C'est vrai. Je voulais dire seulement que vous aviez contracté au collège l’habitude innocente de vendre de la soie -
BINDO
J'ai confié au seigneur Venturi les projets qui occupent en ce moment tant de familles à Florence, C’est un digne ami de la liberté, et j'entends, Lorenzo, que vous le traitiez comme tel. Le temps de’plaisanter est passé. Vous nous avez dit quelquefois que cette confiance extrême que le duc vous témoigne n'était qu’un piège de votre part, Cela est-il vrai ou faux”? Etes-vous des nôtres, où n’en êtes-vous pas? voilà ce qu'il nous faut savoir. Toutes les grandes familles voient bien que le despotisme des Médicis n’est ni juste ni tolérable. De quel droit laisserions-nous s’élever paisiblement cette maison orgueilleuse sur les ruines de nos privilèges? La capitulation* n’est point observée, La puissance de l'Allemagne se fait sentir de jour en jour
1. Lorenzo feint de porter légerement le mépris. Et il fait diversion, selon son habitude,
Covielle, dans le Bourgeois Gentilkomme, de Molière, Dé sottes gens prétendent que le père de
comme un homme qui pense qu’il n’est que. bagatelle en ce monde, et que rien ne vaut la peine d’étre considéré longuement.
7. 9. Les métiers, à Florence, étaient divisés en arts majeurs et arts mineurs : l’une et l’autre classe s étaient disputé le pouvoir et se détestaient ou se dédaignaient. Venturi s’offense d'être traité comme un simple marchand : son métierest noble.