La convention qui réglait
les droits des Florentins à l’é-
gard du dominateur allemand et de son représentant, le duc Alexandre.Celui-ciavaitété mis à la tête de l4 république flo-
-rentine par Charles-Quint, dont
il avait épousé la fille naturelle.
ï Ai CS , En MS d'une manière plus absoluel!. IL est temps d'en finir, et de rassembler les patriotes. Répondez-vous à cet appel?
LORENZO o
Qu'en-dites-vous, seigneur Venturi”? Parlez, parlez, voilà. . mon oncle qui reprend haleine; saisissez cette occasion, si.
vous aimez votre pays?..
VENTURI à A"
Seigneur, je pense de même, et n’ai pas un mot à ajouter. -
{ LORENZO NC Pas un mot? pas un beau petit mot bien sonore? Vous ne connaissez pas la véritable éloquence. On tourne uns * » { Ps 4) gran ie période autour d’un beau petit mot, pas trop court
ni trop long, et rond comme une toupie; on rejette son.
bras gauche en arrière, de manière à faire faire à son mäânteau des plis pleins d’une dignité tempérée par la grâce;
on lâche sa période qui se déroule comme une corde ron-
flante, et la petite toupie s'échappe avee un murmure déli-
cieux. On pourrait presque la ramasser dans le creux de.
la main, comme les enfants des rues.
BINDO
Tu es un insolent! réponds, ou sors d'ici.
4. Varchi (op. cit.) : « Ce qui démontrait, plus clair que le $o-* leil, la violence etla A du gouvernement de Florence..., c'est que le duc conservait...
pour sa garde personnelle une
troupe tout entière composée
de soldats étrangers, et qu'enfin il avait construit une citadelle; ces choses-là sont toutes-opposées aux traditions des cités libres...» — « La citadelle! dit un vieil orfèvre dont les doigts se sont ridés à ciseler les métaux précieux (1,5), voilà ce que le peuple ne souffrira jamais, voir tout d’un coup s'élever sur la ville cette nouvelle tour de Babel, au milieu du plus maudit baragouin ; les Allemands ne - pousseront jamais à Florence...»
2. Lorenzo à horreur des gens qui parlent avant d'agir; il pen-
se que toute action forte est le.
fruit d’un long silence, et que l'énergie s'épuise à parler. Tout . ce qui suit à été refait par Mus-
ll ÿ:
set (on peut trouver dans la ti-
rade: suivante de Lorenzo de
l’Aumour à la J.-P. Richter). Varchi est bien loin de représenter Lorenzo comme un ironiste Concentré; cependant, on imagine le travail auquel s’est livrée Pi-.
magination psychologique de -
Musset (aidée d’une disposition pérsonnelle à railler les héros en paroles) sur ce texte de Var:
chi: Pierre Strozzi, au milieu.
d’un groupe de seigneurs, dé- -
veloppe les moyens auxquels il a songé pour tuer Alexandre:
« Lorenzo resta attentif et écou-
ta sans broncher tous’ ces propos. Puis ilrépondit brièvement en ces termes : « Messer Pierre, je ne veux rien répondre à ce que vous venez de me dire (Pierre l'avait d'abord insulté), — mais j'espère bien vous faire connaitre clairement, et sans os tarder, qu je suis homme de bien.» Le
n’en dira jamais tant.
n KA
orenzo de Musset :
JS suis des vôtres, mon oncle, Ne voyez vous pas à ma coiffure que je suis républicain dans l'âme? Regardez comme ma barbe est coupée. N’en doutez pas un seul instant, l'amour de la patrie sit dans mes pass les plus cachés L
On sonne à la porte d'entrée; 4 cou» se remplit de pages 21 de chevaux.
Le duc!
Entre Alexandre, :
Quel excès de faveur, mon prince! vous daignez visiter un pauvre serviteur en personne ?
LE DUC, : Quels sont ces hommes- là ? J'ai à te ttes LORENZO
J'ai l'honneur de présenter à Voire Altesse mon oncle Bindo Altovili, qui regrette qu'un long séjour à Naples ne lui ait pas permis de se jeter plus tôt à vos pieds. Cet autre seigneur est lillustre Baptista Venturi, qui fabrique, il est vrai, de la soie, mais qui n’en vend point. Que la présence inattendue d’un si grand prince dans cette humble maison ne vous trouble pas, mon cher oncle, ni vous non plus, digne Venturi. Ce que vous demandez vous sera accordé, ou vous serez en droit de dire que mes supplications n’ont - aucun crédit auprès de mon gracieux souverain.
LE DUC Os demandez-vous, Bindo ?
< BINDO Altesse, je suis désolé que mon neveu...
Le titre d’ambassadeur à Rome n'appartient à personne en ce moment. Mon oncle se flattait de l'obtenir de vos bontés. Il n’est pas dans Florence un seul homme qui. puisse soutenir la comparaison avec lui, dès qu'il s’agit He dévouement et du respect qu’on doit aux Médicis.