Allusion à ses angoisses François, et le neveu du pape N
- paternelles.
‘ 2. Souvénir de: la conspira- «tion des Pazzi. En 1478, le banquier Jacques Pazzi, son neveu
Sixté IV, Jérôme Riario, conspirérent contre Julien de Médicis, qui fut tué,et Laurent de Médicis, qui fit pendre les Pazzi.
PIERRE
Nous voulons couper les jarrets aux meur(Hers de Florence. : , PHILIPPE
Cela est irréyocable? vous voulez agir?
A PIERRE
Adieu, mon père; laissez-moi aller seul.
PHILIPPE
Depuis quand le vieil aigle reste-t-il dans le nid, quand ses aiglons vont à la curée? O mes enfants! ma brave et ‘belle jeunesse! vous qui avez la force que j'ai pérdue, vous qui êtes aujourd’hui ce qu'était le jeune Philippe, laissez-le avoir vieilli pour vous! Emmène-moi, mon fils, je vois que vous allez agir. Je ne vous ferai pas de longs discours, je ne dirai que quelques mots ; il peut y avoir quelque chose de bon dans cette tête grise : deux mots, et ce sera fait. Je ne radote pas encore; je ne vous serai pas à charge; ne pars pas sans moi, mon enfant; attends que je prenne mon
manteau.
PIERRE
Venez, mon noble père; nous baiserons le bas de votre robe. Vous êtes notre patriarche, venez voir marcher au soleil les rêves de votre vie. La liberté est müre; venez, vieux jardinier de Florence, voir sortir de terre la plante que vous aimez.
Ils sortent.
[Une rue; les fils de Strozzi sont arrêtés. Le vieux père, seul, sur un banc, songe à la vengeance, bien qu’il soit trop débile pour elle. Passe Lorenzo : il le somme «s’il a jamais été quelque chose d’honnète, de l'être aujourd’hui... Le rôle que tu joues est un rôle de boue et de lépre. » Mais Lorenzo lui répond : « Rentrez chez vous, mon bon monsieur... » C’est qu’il sait bien que ni Strozzi, ni aucun de ceux sur lesquels il compte, ne sont taillés pour agir. Il.a son secret, et il le livre : « Je tuerai Alexandre. — ‘Toi? — Moi, demain ou après-demain,.. » Si cela est vrai, la liberté renaîtrait donc à Florence. Le. vieil idéaliste qu'est Strozzi se prend aussitôt à rêver. d'une’cité fière et juste. Mais Lorenzo ne croit à rien : il a de la pitié, plus que. de la dérision pour les illusions du vieillard. | ?
4. Ceci n’est-il pas plus théäâ- | cas, l'effet d'émotion est obtetral que véridique ? Pierre est- | nu; et le dénouement de cette il bien dans son rôle en mon- scène, ainsi élargi et mis en retrant ainsi, d’un geste emphati- | lief, donne « à rêver », ce qui que,eten commentant avec une . est de l’essence du théâtre com-
poétique éloquence, le dernier |: me le conçoit Musset, geste de son père? — En tous
Re
SAS a A RER Er TR RO PIN CAE EME RSES Nic at, LORENZO Philippe, Philippe, prends garde à toi. Tu as soixante’ ans de vertu sur ta tête grise; c’est un enjeu trop cher pour le jouer aux dés. OT NP, | PHILIPPE ; Si tu caches sous ces sombres paroles quelque chose que je puisse entendre, parle; tu m'irrites singulièrement. LORENZO | ‘ | Tel que tu me vois, Philippe, j'ai été honnête. J'ai cru à la vertu, à la grandeur humaine, comme un martyr croit à son Dieu. J’ai versé plus de larmes sur la päuvre Italie que Niobé sur ses filles! | à PHILIPPE Eh bien, Lorenzo ?
LORENZO Ma jeunesse a été pure comme l'or. Pendant vingt ans de silence, la foudre s’est amoncelée dans ma poitrine; et il faut que je sois réellement une étincelle du tonnerre, car tout à coup, une certaine nuit que j'étais assis dans les ruines du Colisée ? antique, je ne sais pourquoi, je me leyai ; je tendis vers le ciel mes bras trempés de rosée, et je jurai qu'un des tyrans de ma patrie mourrail de ma main. J'étais un étudiant paisible, etje ne m'occupais alors que des arts
et des sciences, et il m'est impossible de dire comment cet
4. Niobé, si fière de sa fécon- . dité, vit ses quatorze enfants tués à coups, de flèches par Apollon, en châtiment de l’injure qu’elle avait faite à Latone, mère d'Apollon. Niobé fut changée en un rocher d’où s’'écoulait une source :
Comme un grand corps taillé par-une [main habile, Le marbre te saisit d'une étreinte
[immobile
Des pleurs marmoréens ruissellent de [tes yeux...