‹ Morceaux choisisChapitre 229 sur 439 · Livre à vos favoris l4 nature et le [monde · texte numérisé non relu

Livre à vos favoris l4 nature et le [monde

Par vous mon âme, au gré de ses [illusions,

Vole et franchit lés temps, les mers, [les nations,

Va vivre en d'autres coxps, s'égare, se ; [promène, Est tout ce qu'il lui plaît, car tout , [est son domaine.

2. Tous ces noms grecs sont pris au chant II de l°/liade, d'Homère (le dénombrement), (F.) : il y est question de T'hisbé abondante en colombes, de la blanche Oloossone, du Pélion aux forêts -secouées par le vent, de Messa qui abonde en colombes, d'Erekhteus (*) « qu’Athéné plaça dans le temple abondant où les fils des Athénaïens of-.

frent chaque année, pour lui plaire, des hécatombes de tau- reaux et d’agneaux » ; de l’heureux Titarésios (cf. p.164, n..6).

Oloossone était une ville thes-.

salienne, située dans une région argileuse, et CGamyre se trouvait sur la côte ouest de l’île de Rhodes, au sommet d’une falaise crayeuse. — On voit que Musset fait des rapprochements.

* géographiques et des transpo-

sitions d’épithètes assez hardies, pour réaliser une harmonie délicieuse à l’œil autant qu'à l'oreille. On retrouve ici le lecteur d'A. Chénier,

(*) Traduction Leçonte de Lisle,

Quel séraphin pensif, courbé sur ton chevet,

Secouait des lilas dans sa robe légère,

Et te contait tout bas les amours qu'il rêvait 1? Chanterons-nous l'espoir, la tristesse ou la joie? Tremperons-nous de sang les bataillons d'acier ?? Suspendrons-nous l'amant sur l’échelle de soie 3? Jetterons-nous au vent l’écume du coursier {? Dirons-nous quelle mâäin, dans les lampes sans nombre De la maison céleste, allume nuit et jour 5

L'huile sainte de vie et d’éternet amour ? | Crierons-nous à Tarquin : « Il est temps, voici l’ombres! » Descendrons-nous cueillir la perle au fond des mers 7? Mènerons-nous la chèvre aux ébéniers amers 5?

1. Encore des vers d’une poésie impalpable, étrangement pénétrante. On en trouverait de semblables dans les Nuits du poète allemand Novalis, mais on ne peut assurer que Musset les ait connues.

2. En évoquant la poésie guerrière, Musset pouvait songer à la Mélée de Hugo(7° Ballade), aux Préludes de Lamartine (Nouvelles Méditations), et aussi à certains passages de la Il: partie de Faust, qu’il avait beaucoup lu.

(F.).-— Cf. V. HuGo, pièce citée :

« Puis, dans l’or du matin luisant comme une étoile, — Tantôt elle [ma poésie] y découpe une frange à son voile, — Tantôt, comme un guerrier qui résonne en marchant,;— Elle frappe d’éclairs lœ-forêt qui murmure, — EL tantôt en passant rougit sa noire armure, — Dans la fournaise du couchant.» Cf. p. 263, n. 1.

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