‹ Morceaux choisisChapitre 269 sur 439 · Allusion aux missions qui couvrirent alors la France, et · texte numérisé non relu

Allusion aux missions qui couvrirent alors la France, et

dont les prédications provoquérent souvent les protestations des libéraux, et même des émeutes. Elles humiliaient le sentiment national.

6. Retour des émigrés, et vote de la loï du milliard, pour le rachat des Biens nationaux. Musset présente les choses d’une manière très inexacte; il recueille l'écho des craintes que le parti libéral, utilisant les insignes maladresses des Ultra- Royalistes,avait répandues chez les acquéreurs des Biens nationaux. (V. les pamphlets de P.-L.

Courier, que Musset avait tant lus, qu’il en a, au moins une fois, imité le style. V. p. 373.) Tout ce passage est un fragment d’épopée satirique. (Etudier Musset satirique, pp. 47, 3067, etc.).

. mé,

. Le roi de France était sur son trône, regardant çà et là

s’il ne voyait pas une abeille dans ses tapisseries !. Les uns lui tendaient leur chapeau, et il leur donnait de l'argent ; les autres lui montraient un crucifix, et il le baïisait ; d’autres se contentaient de lui crier aux oreilles de grands noms retentissants?, et il répondait à ceux-là d’aller dans sa grand”salle, que les échos en étaient sonores ; d’autres encore lui montraient leurs vieux manteaux, comme ils en avaient bien effacé les abeilles 3, et à ceux-là il donnait un habit neuf. &

Les enfants regardaient tout cela, pensant toujours que l’ombre de César allait débarquer à Cannes‘ et souffler sur ces larves5; mais le silence continuait toujours, et l’on ne voyait flotter dans le ciel que la pâleur des lis. Quand les enfants parlaient de gloire, on leur disait : « Faites-vous prêtres ; » quand ils parlaient d’ambition : « Faites-vous prêtres ; » d'espérance, d'amour, de force, de vie : « Failesvous prêtres 6, »

[ La jeunesse ne croit plus à rien; elle est gagnée par le mal de la désespérance. « Déja Chateaubriand, prince de la poësie, enveloppant Phorrible idole de son manteau de pélerin, l'avait placée sur un autel de marbre, au milieu des parfums des encensoirs sacrés. » Puis les idées allemandes et anglaises (le Faust de Gœthe, cf, p.191, n. 3, et le Manfred de Byron, cf. p. 150) laissent dans les esprits « un dégoût morne et silencieux. »

C’est à dix-neuf ans (v. Introduction, p. 33, sur le caractère autobiographique de l’œuvre), que, le héros du roman, Octave, a êté « pris d’abord de la maladie du siècle », en s’apercevant que sa maîtresse le trahit. Jusque-là son esprit seul était corrompu par le scepticisme; son

4. Les abeilles étaient dans les armoiries impériales ; le manteau de l'Empereur en était se-

béral s’en gaussa indéfiniment avec les mécontents du parti ultra. V. certain Dictionnaire des Girouettes, publié en 1815 (cf.

2. Sont-ce les noms de la no- BALzAc : Une ténébreuse affaire

blesse impériale ? Musset penserait au petit nombre des ser:

viteurs de Napoléon qui lui gardérent une fidélité intransigeante ? Ou bien sont-ce les grands noms de liberté, de juslice, que les Parlementaires d’alors auraient clamés vainement dans la grand’salle du corps législatif ? La suite justifierait plutôt le premier sens.

-3. Presque tous ceux qui avaient profité de la fortune de l'Empereur offrirent leurs services aux Bourbons restaurés ; — le sentiment populaire leur en garda rancune, et le parti li-

et passim dans la Comédie humaine).

4, Comme Napoléon lavait fait au retour de l'ile d'Elbe, en 1845.

. 5. Créatures malfaisantes et hideuses, d’origine infernale.

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