En 1820, Byron s'était asso
cié aux projets d'émancipation -
. de l'Italie. El quitta Ravenne le 44 juillet 1823, fêta tristement sa trente-sixième année dans les ‘murs de Missolonghi rut 1e 49 avril 1824. -
3. La comtesse Guiccioli (plus tard devenue la comtesse de Boissy ; elle a publié sous ce nom, en 1868,.Lord Byron jugé par le témoin de sa vie) avait
été le plus grand amour de lord :
Byron. Il s'était lié avec elle à Venise ; elle était tombée malade à Ravenne, et il l’y avait
rejointe en juin 1819. Elle avait:
sur lui beaucoup d'influence,
puisque après avoir lu les pre-
* miers chants de Don Juan dans une’ traduction française, elle obtint de lui qu’il abandonnât son œuvre qu'elle trouvait immorale ; il la reprit d’ailleurs.
Cf. Musset, À mon frère revenant d'Italie, mars 1844:
; et mou-.
Si tu t'es un peu détourné, Tu t'es à coup sûr promené Près de Ravenne, Lans ce triste et charmant séjour Où Byron noya dans l’ämour Toute sa haine.
— Lamartine devait faire la connaissance de a comtesse Guiceioli à Rome, après la mort de Byron ; bien qu’il l’eût involontairement calomniée dans son Childe Harold en la dépeignant comme «une Aspasie vénitienne, enchainant ! dans $es colliers de perles vénales le génie et la vertu d’un grand homme », elle lui pardonna, devint son amie, et lui parla beaucoup de Byron. (LAMARTINE, Vie de Byron.)
4. Allusion à la X V7 Méditation, L'homme, dédiée à Byron; Lamartine ne lui avait pas envoyé ses vers. On raconte que Byron fut fort mécontent d’avoir été appelé «chantre d’en-
fer», puis pardonna à Lamarti-
por de rela-
ne. fl n’y eut eux poètes,
tions entre les
Avez-vous de ce temps conservé la mémoire, Lamartine, et ces vers au prince des proscrits, Vous souvient-il encor qui les avait écrits ?
Vous étiez jeune alors, vous, notre chère gloire. Vous veniez d'essayer pour la prerhière fois?
Ce beau luth éploré qui vibre sous vos doigts.
La Muse que le ciel vous avait fiancée
Sur votre front rêveur cherchait votre pensée, Vierge craintive encore, amante des lauriers.
Vous ne connaissiez pas, noble fils de la France, Vous ne connaissiez pas, sinon par sa souffrance, Ce sublime orgueilleux à qui vous écriviez.
De quel droit osiez-vous l’aborder et le plaindre ? Quel aigle, Ganymède, à ce Dieu vous portait 5? Pressentiez-vous qu’un jour vous le pourriez atteindre, Celui qui de si haut alors vous écoutait?
. Non, vous aviez vingt ans f, et le cœur vous battait. Vous aviez lu'Lara, Manfred7, et le Corsaire,
Et vous aviez écrit sans essuyer vos pleurs;
Le souffle de Byron vous soulevait de terres,
Et vous alliez à lui, porté par ses douleurs.
Vous appeliez de loin cette âme désolée ?;
- Pour grand qu’il vous parüt, vous le sentiez ami,
1. Les excentricités et les désordres de Byron avaient déchaîné l’opinion contre lui,avec une telle fureur qu’il avait quitté l'Angleterre, pour n’y plus revenir.
2, Lamartine adressait des fragments de son poème, de Milly, à son ami Virieu, le 20 octobre 1819. IL faisait des vers depuis plusieurs années : mais l'expression de Musset, coous veniez d’essayer...»,n'’est pas abso- Jument inexacte ; Le Lac, L’Immortalilé, où Lamartine a vraiment exprimé son génie pour la premiére fois, sont de 1817.
3. M. Christian Maréchal (Zamennais et Lamartine, p. 107 sqq.) a montré qu'il y a dans la, méditation L’homme un écho dés idées exprimées par Lamennais dans son Æ£ssai sur l’Indifférence.