G. Sand et Musset aimaient
rit et se couvre de roses quand.
beaucoup se comparer à des dieux suppliciés. Él@ à lui, le 45 juin 483% : elle lui souhaite l'amour génial qui remplirait son âme : « C'est peut-être l’œuvre terrible, magnifique et courageuse de toute une vie. Cest une couronne d’épines qui fleu-
“Tes cheveux commencent à blan-
chir.» Lui à elle, .août 1834 : « O ma fiancée ! Pose-moi doucement la couronne d’épines, et adieu !»
2. La chaumière où il l'avait vue pour la première fois, soignant'une malade (p. 320).
L'œuvre expliquée
[Musset avait une profonde admiration pour Eamartine; son aîné de vingt ans, une admiration qui touchait au culte : &Que de fois, dit-il dans La Confession (I, 4), l’un de nous, au moment où les flacons se débouchaient, tenait à la main un volume
de Lamartine, et lisait d’une voix émue! Il fallait voir alors comme toute autre pensée disparaissait ! Les heures s’envolaient pendant ce temps-là, et, quand nous nous mettions à table, les singuliers libertins que nous faisions! Nous ne disions mot, et nous avions des larmes dans les yeux. » Cf., en 1832, ces vers à son ami Edouard B{ocher] :
Tu te frappais le front en lisant Lamartine,
Edouard, tu pâlissais comme un joueur maudit ;
Le frisson te prenait, et la foudre divine, Tombant dans ta poitrine,
T’épouvantait toi-même en traversant ta nuit, »
Il parle quelque part du « Siècle de Lamartine ».
Or, Lamartine (qui avait rencontré À. de Musset chez No-. dier; v. ses Souvenirs el portraits, TT, 85) ne fit aucun accueil à ses vers. D’ après P. de Musset (Biogr aphie), Lamartine invita Musset à venir le voir, et « pendant trois ou quatre mois, des relations suivies s’établirent entre les deux poètes, » Maïs il ne lui répondit qu'en 1840 (JIlTes D om et cruellement : « Jeune homme au cœur de cire... » — Le 9 juillet 1857 (Musset venait de mourir), il porta sur lui un jugement sévère (18e Entretien du Cours familier de litlérature) : il semble que Lamartine eùt été froïssé par l’ancienn® allusion de Musset aux «-pleurards à nacelle », qui ne:visait que ses imitateurs, et il , écrivait, presque trente ans après : « Alfr. de Musset, soit qu'il éprouvât lui-même cette fasidiosité du sublime et du sérieux, soit qu'il comprit que la France demandait une autre musique de l’âme ou des sens à.ses jeunes poètes, ne songea pas un seul instant à nous imiter. Il toucha du premier coup sur son instrument des cordes de jeunesse, de sensibilité d’esprit, d’ironie de cœur, qui se moquaient hardiment de nous et du monde. Ces: vers faisaient, dans le concert poétique de 1828, le même effet que l'oiseau moqueur’fait à la complainte du rossignol dans les |
F1G. 42, — Une admiration de Musset : Lamartine.(B.N.E.)
Cet ensemble de vignettes, composé par Victor Adam, représente les principales, parmi les premières œuvres de Lamartine, depuis le Lac jusqu’au Crucifix.
mn Nr re I A D Te
Pi ip
.F1G. 43, — Une admiration de Musset : Byron. (B.N.E.)
Cet ensemble de vignettes, composé par Victor Adam, témoigne de la vogue des poèmes de Byron à l’époque romantique. En voici les titres, colonne par colonne : |
Oscar d’Alva, Le Giaour, La fiancée d'Abydos, Siège de Corinthe. . Mazeppa. Don Juan, Mort de Lara. : Marino Faliéro. . Calmar et Orla.
forêts vierges d'Amérique, ou que les castagnettes font à l'orgue dans une cathédrale vibrante des soupirs pieux d’une multitude agenouillée... » Il y eut des protestations (v.. LÉON SÉCHÉ, A. de Musset, t. 1, 142 et 26$ sqq). Paul de Musset écrivit à Eamartine une longue lettre (v. les Souvenirs de Mme Martellet). Et Lamartine fit son ed culpd dans le 19e Entretien ; il avouait : pour la première fois « ex ce moment où j'écris, j'ai lu
enfin ses poésies...
Elysée actuel! »
O Musset, pardonne-moi du sein de ton
D'ailleurs Lamartine n'avait pas beaucoup mieux traité Byron dans son 16€ Entretien, contre lequel la comtesse Guiccioli (v.
plus bas, n. 3) protesta.]
Extrait
Lorsque le grand Byron ! allait quitter Ravenne Et chercher sur les mers quelque plage lointaine Où finir en héros son immortel ennui,
Comme il était assis aux pieds de sa maîtresse,