‹ Morceaux choisisChapitre 282 sur 439 · Lamartine appelait en effet Byron;ilrêvait sa conversion · texte numérisé non relu

Lamartine appelait en effet Byron;ilrêvait sa conversion

« Viens reprendre ton rang dans ta splendeur première, — Parmi ces purs enfants de gloire et de lumière, — Que d’un souffle

.choisi Dieu voulut animer, —

Et qu’il fit pour chanter, pour croire et pour aimer,»

… x Le

LETTRE À LAMARTINE BEA 1

Et, comme le torrent dans la verte vallée, L’écho de son génie en vous avait gémi.

Et lui, lui dont l'Europe, encore tout armée, Ecoutait en tremblant les sauvages concerts!;,

Lui qui depuis dix ans fuyait sa renommée,

Et de sa solitude emplissait l'univers ;

Lui, le grand inspiré de la Mélancolie,

Qui, las d’être envié, se changeait en martyr;

Lui, le dernier amant de la pauvre Italie?,

Pour son dernier exil s’apprétant à partir ;

Lui qui, rassasié de la grandeur humaine,

Comme un cygne, à son chant sentant sa mort prochaine, . Sur terre autour de lui cherchait pour qui mourir... Il écouta ces vers que lisait sa maîtresse,

Ce doux salut lointain d’un jeune homme inconnu. Je ne sais si du style il comprit la richesse;

Il laissa dans ses yeux sourire sa tristesse 3: -

Ce qui venait du cœur lui fut le bienvenu.

Poète, maintenant que ta Muse fidèle,

Par ton pudique amour { sûre d’être immortelle,

De la verveine*® en fleur t’a couronné le front,

A ion tour, reçois-moi comme le grand Byron 6.”

De t’égaler jamais je n’ai pas l’espérance;

Ce que tu tiens du ciel, nul ne me l’a promis;

Mais de ton sort au mien plus grande est la distance, Meilleur en sera Dieu qui peut nous rendre amis,

Je ne t’adresse pas d’inutiles louanges,

4, Lamartine : « J’aime de tes concerts la sauvage harmonie, — Comme j'aime le bruit de la

foudre et des vents — Se mê-°

lant dans l'orage à la voix des torrents ! »

2, Cf. La Coupe et les Lèvres :

Invocation.

Page 1