Il ne ment qu’à moitié, 3, C’est le dépit de la gageure
perdue; Valentin est piqué dans son amour-propre de libertin.
Le mot si franc, si confiant de Cécile : «Vous m’épouserez », ne peut plus le laisser douter de sa défaite, — ni de son triom-
‘bhie\6t ce sont ces sentiments
mêlés qui se traduisent par un
peu d’agitation, à laquelle Cé-.
cile n'entend rien.
-3 VAS d'ÉL MENT AN TELE < ÉPREUVE à À Past EE 7e h 9":
blessé1? Votre visage n’est plus le même. Est-ce parce que
j'ai gardé mon châle?, quoique vous vouliez que je l’ôtasse ? C’est qu'il fait froid3; je suis en toilette de bal. Regardez
: donc mes souliers de satin. Qu'est-ce que cette pauvre
Henriette‘ va penser? Mais RE RC Vous ne répon-
dez pas; vous êtes triste. Qu’ai-je donc pu vous dire? C’est
par ma faute, je le vois. pe VALENTIN
Non, je vous le jure, vous vous trompez; c’est une pensée involontaire, qui vient de me traverser l’esprit. .
CÉCILE
Vous me disiez « tu » tout à l’heure, et même, je crois, un peu légèrementÿ. Quelle est done cette mauvaise pensée qui vous a frappé tout à coup? Vous ai-je déplu6? Je serais bien à plaindre! Il me semble pourtant que je n’ai rien dit
- de mal. Mais si vous aimez mieux marcher, je ne veux pas rester assise7. … Elle se lève.
‘ Donnez-moi le bras, et promenons-nous. Savez-vous une chose ? Ce matin, je vous avais fait monter dans votre chambre un bon bouillon qu'Henriette avait faits. Quand je vous ai rencontré, je vous l’ai dit; j'ai cru que vous ne vouliez pas le, prendre, et que cela vous déplaisait. Jai repassé trois fois dans l'allée, n’avez-vous vue? Alors vous êtes monté; je suis allée me mettre devant le parterre, et je vous ai vu par volre croisée; vous teniez la tasse à deux mains, et vous avez bu tout d’un trait. Est-ce vrai? L’avezvous trouvé bon? ; SUN VALENTIN À Oui, chère enfant, le meilleur du monde, bon comme ton cœur et comme toi®. ÿ
ke ; ; # { 1. Cette exquise douceur, cet- | de Valentin; et au besoin elle
te humilité dans la tendresse rappellent les épouses et les amantes de Shakespeare,
2, Elle appelle tout bonnement un chûle, ce que Valen-
tin appelait un gase avare, un
voile.
3, Comme cette prose honnête est aussi malicieuse !
: 4. Sa femme de chambre, celle qui est « sûre ».
5. D'une légèreté qui ne délaisait pas à Cécile ; sans faire a renchérie, elle a su tenir en
respect l'humeur conquérante
saurait le réveiller de sa boudérie. RES
6. Quelle épouse attentive ce sera ! Valentin n’est pas habi-
tué à cette tendresse délicate et
candide,
7. Elle prend tout en bonne part ; c'est très adroit, et c’est selon sa nature.
8. « Bouillon ! Comment une jeune fille peut-elle prononcer ce mot-là ? » disait-il alors.