‹ Morceaux choisisChapitre 309 sur 439 · COTONET · texte numérisé non relu

COTONET

Monsieur, ceci est une faribole. Je sue à grosses gouttes pour vous écouter.

[Dupuis et Cotonet se transportent chez M. Ducoudray, ancien magistrat, portant habit marron et culotte de soie, qui leur fait un exposé du romantisme tel que peut le ‘faire un classique intempérant, et d’ailleurs plein de verve: « Pourquoi Molière n'est-il plus au monde ?.. Quel misanthrope nous aurions !... et il ne s'agirait pas d’un . sonnet,.. » (Cf. Une Soiree perdue, p. 463.) Finalement, les deux enquêteurs soumettent à leur correspondant les deux échantillons comparatifs du style classique et du style romantique.] 4

LETTRE D'UNE JEUNE FILLE ABANDONNÉE PAR SON AMANT. (Style romaphque,) « Considère, mon amour adoré, mon ange, mon bien,

mon cœur, ma vie; toi, que j'idolâtre de toutes les puissances de mon âme; toi, ma joie et mon désespoir; toi, mon rire

et mes lirmes : toi, ma vie et ma mort! — jusqu'à quel

excès effroyable tu as outragé et méconnu les nobles sentiments dont ton cœur est plein, et oublié la sauvegarde

de l’homme, la seule force de la faiblesse, la seule armure, : …

la seule cuirasse, la seule visière baissée dans le combat de la vie, la seule aile d'ange qui palpite sur nous, la seule vertu qui marche sur les flots, comme le divin HÉENES la PT sœur de l’adversité !

Tu as été trahi et tu as trahi; tu as été trompé et tu as OS tu as recu la: blessure et tu l’as rendue; tu as saigné et tu as frappé ; la verte espérance s’est enfuie loin de nous. Que pate si pleine de projets, si nee de

4. Noter qu'ici la critique de il LAPS pousse certains de Musset retombe sur lui-même; | ses. vers. ne P. |

sève et de puissance, si pleine de crainte et de douces larmes, Si ARE: si belle, si jeune encore, et qui suflisait à toute une vie, à toute une vie d’angoisses et de délire, de joies et de Shrur et de suprême oubli; — cette passion, consacrée par le bonleur, jurée devant Dieu comme un serment jaloux: — cette passion qui nous à attachés l’un à

: l'autre comme une chaîne de fer à jamais fermée, comme le

serpent unit sa proie au tronc flexible du bambou pliant;

— cetle passion qui fut notre âme elle-même, le sang de

nos veines et le battement de notre cœur; — cette passion, tu l’as oubliée, anéantie, perdue à jamais ; ce qui fut ta joie et ton délice n’est plus pour toi qu'un mortel désespoir qu'on ne peut comparer qu’à l'absence qui le cause, — Quoi, cette absence!... etc, etc. »

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