‹ Morceaux choisisChapitre 323 sur 439 · L’illustre naturaliste Cu · texte numérisé non relu

L’illustre naturaliste Cu

vier, né en 1769, était mort en 1832, après avoir soutenu contre Geoffroy Saint-Hilaire une polémique fameuse sur l’unité de composition organiquedes êtres vivants.

». Schiller, le grand poète allemand, de qui nous avons déjà relevé l'influence sur Musset, était mort depuis 1805. Musset n’en parlait qu'avec exaltation:

Un mot sur l’art moderne (1833):

« Schïüller lui-même, ce prêtre exalté d’un,autre dieu (que le dieu classique), n’a pas voulu mourir sans avoir bu sur ses

‘épaules de marbre ce qui restait

des baisers d'Euripide.» — Dès lès premières années du romantisme, ceux qui voulaient renouveler le théâtre s'étaient tournés vers lui et vers Shakespeare.

Gœthe était mort chargé d’ans loire, honoré comme un dieu (V. Baldensperger, Gœæthe en France), en 1832, et Byron, en Grèce, en 182%. Cf. p. 34,

6. Cf. Nuit de Mai, p.262-3. Le souvenir et le regret de Napoléon reparaissent constamment à travers l'œuvre de Musset. Cf.

Le trois mai 1814 (recueilli dans

Nous faut-il perdre encor nos têtes les plus chères,

Et venir en pleurant leur fermer lès paupières,

Dès qu'un rayon d’espoir a brillé dans leurs yeux ? Le ciel de ses élus devient-il envieux?

Ou faut-il croire, hélas! ce que disaient nos pères, Qué lorsqu'on meurt si jeune on est aimé des dieux ?

Ah ! combien, depuis peu, sont partis pleins de vie! Sous les cyprès anciens que de saules ! nouveaux ! La cendre de Robert? à peine refroidie,

Bellini 3 tombe et meurt! — Une lente agonie Traîne Carrel{ sanglant à l’éternel repos.

Le seuil de notre siècle est pavé de tombeaux.

Que nous restera-t-il, si l’ombrèe insatiable,

Dès que nous bâtissons, vient tout ensevelir ? Nous qui sentons déjà le sol si variable,

Et, sur tant de débris, marchons vers l’avenier, :

Si le vent, sous nos pas, balaye ainsi le sable,

De quel deuil le Seigneur veut-il done nous vêtir ?

les Œuvres complémentaires par M. Allem). « Oh! c’est qu'à ce grand peuple il fallait sa grande âme. — C’est que, d’un dur cail- Jou pour que sorte la flamme,— Il faut l’éperon d’or ou l’ongle du coursier.— Maintenant dans leur cœur tout est désert et vide : — C’est que tout grand vaisseau veut l’aquilon pour guide, — Toute main ferme un gant d'acier. » (1831). V. le début de la Confession. |

4. Cf. p. 100, n. 5 fin, les vers inscrits sur la tombe de Musset.

2. Le peintre Léopold Robert s'était tué à Venise en 1835 (il avait 41 ans). Musset avait en vain essayé de l’y voir en 1834; il a parlé avec émotion, dans son Salon de 1856, de ses Pécheurs et de son Départ pour la pêche : « Ah Dieu! la main, qui - a fait cela, et qui a peint dans six personnages tout un peu-

ple et tout un pays! cette main puissante, sage, patiente, subil- .

me, à qui le’ seul instinct du génie faisait chercher la route de l’avenir là où elle.est; dans l'humanité! Cette main, Léopold, la tienne! cette main qui a fait cela, briser le front qui l'avait conçu ! » (V. une méditation sur lui dans Amori et dolori sacrum, de Maurice Barrès.)

3. Musicien italien né en 1802, et mort en 1835, près de Paris, où la musique tendre, rêveuse et passionnée de ses Puritains avait eu un succès éclatant. Musset le rencontrait chez la princesse Belgiojoso; naïf, caressant

et familier, il était « la tête de

Turc » de Heine (L. SÉCHÉ : À.

de Musset, IT).

Page 1