On rattache ce terme d’es
crime à l’espagnol bote : de botar, toucher, bouter. Molière,
Saint-Simon, ete., disent sou-
vent, au sens figuré, porler une botte. EN
Se brisa sur le sol, dans sort effort trompée !, - Alors, chacun saisit au corps son ennemi,
ZDON PAEZ
Comme après un voyage on embrasse un ami?.
— Heur et malheur! On vit ces deux hommes s’étreindre Si fort que l’un et l’autre ils faillirent s’éteindre#,
Et qu’à peine leur cœur eut pour un battement
Ce qu’il fallait de place en cet embrassement.
— Effroyable baiser ! — où nul n'avait d'envie
Que de vivre assez long pour prendre une autre vie; ‘Où chacun, en mourant, regardait l’autre, et si,
En le faisant ràler, il râlait bien aussi;
Où, pour trouver au cœur les routes les plus sûres, Les mains avaient du fer, les bouches des morsurest, — Effroyable baiser! — Le plus jeune en mourut, IL’blêmit tout à coup comme un mort, et l’on crut,
- Quand on voulut après le tirer à la portes
Qu'on ne pourrait jamais, tant l’étreinte était forte, Des bras de l’homicide ôter le trépassé, — C'est ainsi que mourut Eitur de Guadassé 5.
1. * Opposer, à la complaisance avec laquelle Musset prolonge ce duel, et au vague de cette désignation : une botle, — la rigueur descriptive du duel dans La Chronique du règne de
Charles IX, et la brusquerie du -
énouement, qui surprend le lecteur, au moment où il croit en être à la première phase d’un combat qui doit durer.
2, Cf. le vers fameux : «J’embrasse un ennemi, mais c’est pour l’étouffer. » Mais Musset n’a pas créé cette belle image sous la suggestion de ce souvenir. Il s’est souvenu du combat d'Hassan et de Giaour, dans le Giaour de Byron : « Deux amants peuvent se presser dans les bras l’un de l’autre pour se prodiguer les plus douces earesses ; mais jamais l'amour...
n’égalera les transports des dernières étreintes de deux ennemis. Sont-ils parvénus à se saisir, leurs mains nè lâcheront plus prise, ceux que la haine a réunis ne se sépareront qu’après la mort. » (Traduction Pichot, 1820, citée par Estève, Op.
cit. p. 422.)