‹ Morceaux choisisChapitre 35 sur 439 · Exemple de rime trop riche, — désagréable parce que · texte numérisé non relu

Exemple de rime trop riche, — désagréable parce que

Pauteur a l’air de jouer sur les mots. M. Grammont cite (Le vers français, in-8, p. 300) d’autres exemples; de Racine {

Si son ordre au palais vous a fait retenir, C’est peut-être à dessein de vous

(Britannicus, IV, 1.) leretentr.

de Hugo :

Un ouvrier d'Egine a sculpté sur /@ {plinthe Europe, dont un dieu n’écoute pas Za

(Rouet d'Omphale.) (plainte, tCi re

4, * Etudier le rythme et le choix des sonorités dans ces dix vers.

5. L'effet obtenu par ce dernier vers isolé, qui a la simplicité solennelle d’une relation épique et qui semble clore .

comme une dalle funéraire ce récit furieux, l'effet est d'autant plus sensible que ce vers termine un ensemble rythmique de six vers, succédant à un ensemble égal : Le cri : Efroyable baiser ouvre et elot le premier de ces ensembles, et en même temps il amorce le second, auquel on peut dire qu’il appartient autant qu’au pre:

Amour, fléau du monde, exécrable folie,

Toi qu'un lien si frêle à la volupté lie,

Quand paÿ tant d’autres nœuds tu tiens à la douleur!, Si jamais, par les yeux d’une femme sans cœur,

Tu peux m'’entrer au ventre et m’empoisonner l’âme, Ainsi que d’une plaie on arrache une lame,

Plutôt que comme un lâche on me voie en souffrir, Je t'en arracherai, quand j'en devrais mourir?.

[Don Paez boit un philtre que lui donne une épouvantable sorcière, plus affreuse encore que la Macette de Régnier. Grâce à lui, il aura la force de tuer Juana l’infidèle et de mourir avec elle. ]|

mier. Remarquer que si le premier s'achève sur une rime féminine, dont la résonance aiguë

exprime la rage des combat-.

tants, dont aucun ne veut succomber, — le second finit sur une rime masculine, sans réso-

nance, qui contribue à donner,

une impression dirréparable, de néant. Pas un vers, presque pas un mol, qui ne réclame

dans cette page un commentaire.

métrique. Et quelqu'un (M.

Suarès, Sur la vie) a pù dire que Musset n'était pas. musicien | — Est-il plus peintre ou plus musicien ici ?

4. Cf. Fantasio, Coelio dans les Caprices de Marianne, Fortunio dans Le Ghandelier, La . Confesssion d'un Enfant du Siécle, etc. Cette imprécation lancée contre l'amour par le Musset de 1829 a quelque chose de prophétique. Il avait souffert, 1] souffrira bien plus, et non seu-

er

lement du remords d avoir mal aimé, comme le dit justement M. Suarès (op. cit), mais aussi d'aimer. L'amour et l'angoisse sont liés, dans le cœur de Musset, d’une étreinte indissoluble:

Sainte-Beuve (1833, Portraits contemporains) fait remarquer que Latouche, dans sa Notice sur A. Chénier, avait apostro:

phé l'amour en les mêmes ter-

mes « ce sentiment qui tient à

la douleur par un lien, par tant d'autres à La volupté. » |

2. Pour comprendre ces vers, il faut les rattacher non pas à l'idée d’un ascétique renoncement à l'amour, que Musset n’a jamais imaginé, mais à la bravade et à l’orgueil de la débauche, où le cœur trompé et dédaigneux du poète s’est jeté avec une ferveur de mépris qu'il prenait pour de l’énergie, et presque de l’héroïsme. (V.

= [Cette fois, la scène se passe entalie, en 1761, — Musset ne dit pas

« à Venise », mais « au bord de la mer». L’idée de la pièce a pu lui venir en lisant les Mémoires de Casanova, dont il dira, dans sa Revue fantastique du TEMPS, 20 mars 1831:

« Jamais un grain de raison, peu de-religion, de conscience encore moins. Dupant les sots avec délices ; trompant les femmes avec bonne foi; un peu trop heureux au jeu ; racontant divinement ; promenant sur toute la terre ses caprices ‘et sa folie, mais revenant toujours à sa chère Venise.... se promenant gravement en abbé musqué dans les jardins du pape; rimant pour une belle marquise, se battant pour une danseuse ; mousquetaire terrible (il avait près de six pieds), grand seigneur généreux et probe au milieu de tout cela. Ceux qui aiment Benvenuto Cellini aimeront bien son livre ».

Rafaël Garuci n’aime plus la Camargo. Il a sa théorie de l'inconstance, comme Hylas dans l'As/rée d’'H. d'Urfé. Son éventail pourrait lui servir d’emblème :

Cousu d’or comme un paon, — frais et joyeux comme une

Aïle de papillon ...:.,.,.. PEOTEE TR RE PP De

ss tue. C'est tout le portrait dé.son maitre. .Mais la Camargo l'aime implacablement. Survient l'abbé Annibal Desiderio, qui lui déclare sa flamme par une sérénade. Rafaël, sortant de chez la Camargo, le rencontre : défi; mais il est convenu que, pour faire mieux connaissance, avant de se battre ils souperont ensemble, Pendant ce temps, la Camargo songe.]

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