Voici revenue l'inspiration
de la Lettre à Lamartine.
3. Ces beaux vers ont reçu, hélas, leur sanction : ils ont ps proverbe. Cf. Confession,
II, 2: « Quelle que soit la nouvelle qu’ils apportent, lorsque les envoyés de Dieu nous frappent sur l'épaule, ils font toujours cette bonne œuvre de nous réveiller de la vie, et là où ils par-
res
C’est une dure loi, mais une loi suprême,
Vieille comme le monde et la fatalité,
Qu'il nous faut du malheur recevoir le baptême,
Et qu’à ce triste prix tout doit être acheté.
Les moissons pour mürir ont besoin de rosée;
Pour vivre et pour sentir, l’homme a besoin des pleurs ; La joie a pour symbole une plante brisée,
Humide encor de pluie et couverte de fleurs 1,
Ne te disais-tu pas guéri de ta folie ?
N'’es-tu pas jeune, heureux, partout le bienvenu,
Et ces plaisirs légers qui font aimer la vie?, ke Si tu n'avais pleuré, quel cas en ferais-tu ?
Lorsqu'au déclin du jour, assis sur la bruyère,
Avec un vieil ami tu bois en liberté?,
Dis-moi, d'aussi bon cœur lèverais-tu ton verre,
Si tu n'avais senti le prix de la gaîté ?
Aimerais-tu les fleurs, les prés et la verdure,
Les sonnets de Pétrarque { et'le chant des oiseaux, Michel-Ange5 et les arts, Shakspeare et la nature,
lent tout se tait. Les douleurs passagères blasphèment et accusent le ciel; les‘grandes douleurs n’accusent ni ne blasphement, elles écoutent. » Tout cela est très lamartinien.
4. Pour le symbolisme des fleurs chez Musset, cf. Rolla, p.196.
2. Je regrette que Musset ait laissé là ces vers d’épieurien, qui détonent. (Cf. le début de l'Espoir en Dieu et note 3.)