‹ Morceaux choisisChapitre 344 sur 439 · C’est la philosophie de Rodolphe, dans l’Zdyile de · texte numérisé non relu

C’est la philosophie de Rodolphe, dans l’Zdyile de

Albert, qui répond à sa gaieté par sa mélancolie, lui fait d’abord cette concession, qui explique la présence de pareils vers dans la Nuit d'Octobre :

Faisons ce qui te plaît, Parfois en cette : [vie, Une chanson nous berce et nous aide [à souffrir ; Et, si nous offensons l’antique poésie, Son ombre même est douce à -qui la

[sait chérir, ‘

= V. aussi ces vers à U. Gultinguer (1535) :

Oui, cher Ulhr'ic, et nous courons Au soleil, sur l'herbe fleurie,

HAN RÉVÉrIE 26

Par les coteaux et les vallons,

Et nous menons gaiement la vie:

Et nous rions eb nous trinquons ‘ Au fond des bois, sur la bruyère.

Nous, c’est Musset et son ami, le léger Alfred Tattet, — Cf, Zspoir en Dieu, p. 432, n.3.)

4, Musset aimait beaucoup le grand poète italien (1304-1374); a propos du Triomphe de Peétrarque, exposé par Boulanger au salon de 1836, il dit: « Cet homme, vêtu d’une robe de pourpre, trainé sur un chär triomphal,.. sur un tapis de roses effeuillées, suivi d’un chœur de jeunes filles et précédé par qu'avait-il. donc fait pour tant de gloire? il avait aimé et chanté sa maîtresse. Ce n’était pas lui qu’on couronnait et qu'on menait au Capitole, c’étaient la douleur et Pamour...

Que se passa-t-il ce jour-là dans ce grand cœur ainsi récompensé ?... Hélas! sa Laura n’était

lus; il cachait peut-être une arme, et il se répétait tout bas:

Beati gli occhi che La vider viva.»

(Heureux les yeux qui la virent vivante). :

5, Cf. p. 119, n. 5,

ns

Si tu n’y retrouvais quelques anciens sanglots !?

Comprendrais-tu des cieux l’ineffable harmonie, Le silence des nuits, le murmure des flots,

Si quelque part là-bas la fièvre et l’insomnie

Ne t’avaient fait songer à l’éternel repos ?

N’as-tu pas maintenant une belle maitresse ?

Et, lorsqu’en t’'endormant tu lui serres la main, Le lointain souvenir des maux de ta jeunesse

Ne rend-il pas plus doux son sourire divin ?

N'allez-vous pas aussi vous promener ensemble?

Au fond'des bois fleuris, sur le sable argentin ? %

Et, dans ce vert palais, le blanc spectre du tremble Ne sait-il plus, le soir, vous montrer le chemin ?

Ne vois-tu pas alors, aux rayons de la lune, 6 Plier comme autrefois un beau corps dans tes bras? Et, si dans le sentier tu trouvais la Fortune,

Derrière elle, en chantant, ne marcherais-tu pas?

De quoi te plains-tu donc ? L’immortelle espérance S’est retrempée en toi, sous la main du malheur. Pourquoi veux-tu haïr ta jeune expérience,

Et détester un mal qui t’a rendu meilleur ?

O mon enfant ! plains-la, cette belle infidèle,

Qui fit couler jadis. les larmes de tes yeux ;

Plains-la! c’est une femme, et Dieu t'a fait, près d'elle,

Deviner,

en souffrant, le secret des heureux #.

Sa tâche fut pénible ; elle t’aimait peut-être; Mais le destin voulait qu’elle brisät ton cœurs.

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