‹ Morceaux choisisChapitre 366 sur 439 · Sans doute ya-t-ilici des · texte numérisé non relu

Sans doute ya-t-ilici des

souvenirs de l’amour de Mie

d’Alton Shée pour Musset, -

klh ALFRED DE MUSSET LR A DE TP Eee A NM AE A Un 4, eux : le regard et le sourire de Béatrice sont deux choses qu'il désespére de rendre. Et ainsi du reste : Pippo est paresseux sans doute,

mais il a aussi un sentiment de la perfection qui le décourage. Il ne fera rien, il abandonne même le portrait de Béatrice : ]

. Le fond de ce portrait était un paysage, et il y avait sur le

premier plan une roche. Sur celte roche, Béatrice apérçut quelques lignes tracées avec du cinabre. Elle se pencha avec inquiétude pour les lire ; en caractères gothiques très fins, était écrit le sonnet suivant:

Béatrix Donato fut le doux nom de celle1

Dont la forme terrestre eut ce divin contour ;

Dans sa blanche poitrine était un cœur fidèle,

Et dans son corps sans tache un esprit sans, détour.

Le fils du Titien, pour la rendre immortelle, Fit ce portrait, témoin d’un mutuel amour; Puis il cessa de peindre à compter de ce jour, Ne voulant de sa main illustrer d'autre qu’elle.

Passant, qui que tu sois, si {on cœur sait aimer, Regarde ma maîtresse avant de me blämer, Et dis si, par hasard, la tienne est aussi belle. £

Vois donc combien cest peu que la gloire ici-bas, Puisque, tout beau qu'il est, ce portrait ne vaut pas, Crois-m’en sur ma parole, un baiser du modèle! ”

Quelque effort que Béatrice püt faire par la suite, elle n’obtint jamais de son amant qu ’il travaillât de nouveau ; il fut inflexible à toutes ses prières, et, quand ellé le pressait trop vivement, il lui récitait son sonnet. Il resta ainsi jusqu’à sa mort fidèle à sa paresse ; et Béatrice, dit-on, le fut à son amour... |

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