PS
— C'est la règle, d mon cœur! — Il est sûr qu'une femme
Met dans une âme aimée une part de son âme.
Sinon, d’où pourrait-elle et pourquoi concevoir :
La soif d’y revenir, et l’horreur d’en déchoir! ? Au contraire, un cœur d’homine est comme une marée Fuyarde des endroits ? qui l’ont mieux $ attirée.
Voyez qu’en tout lien, l'amour à l’un grandit
Et par le temps empire, à l’autre refroidit #.
L'un, ainsi qu'un cheval qu’on pique à la poitrine,
En insensé toujours contre la javeline ®
Avance, et se la pousse au cœur jusqu'à mourir. < L'autre, dès que ses flancs commencent à s'ouvrir,
Qu'il sent le froid du fer, et l’aride morsure
Aller chercher le cœur au fond de la blessure,
Il prend la fuite en lâche, et se sauve d'aimer.
Ah! que puissént mes yeux quelque part allumer ‘.
Une plaie 6 à la mienne en misère semblable, , =
par la douleur. Musset pouvait songer à Diderot qui, dans son Paradoxe sur le Comédien, soutient qu’un artiste au théâtre joue son rôle d'autant mieux qu’il en est plus détaché, et peut au même moment feindre à merveille les sentimentsdece rôle et en éprouver de tout contraires pour son compte. e
1.* Comparer cette méditation lyrique, qui tient encore de l'examen de conscience à la manière des monologues classiques, et celle de Frank dans La Coupe et lés Lèvres, p. 144: