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Fuyarde des endroits

Cf. Crouzer, Grammaire, RÈGLE 375 : « Oublieux de son intérêt, »

— L'originalité de Musset con-

-siste ici à se servir de l'adjectif fuyard pour désigner non un ‘état habituel, — mais une relation particulière. Cela n’est nullement contraire à l’esprit de la langue : Cf. négligent de ses intérêts. \

3. Mieux pour Le mieux. Ainsi Perrault : « Olivier Patru était l’homme du royaume qui sa-

- vait mieux notre langue ».

4. Ces äeux vers ont dans leur riénitude un peu guindée queique chose des moins bons vers de Corneille : quelque

chose d’archaïque dans ce tour « a l’un grandit ».

5. EN a déjà comparé son amour à « une lame — torse, qu'on n’ôte plus du cœur sans

“briser l'âme ».

6. Exemple curieux d’invention verbale : Musset accepte l'expression traditionnelle, usée (les yeux qui allument le feu de la passion), mais il la transforme complètement en unissant l’image du feu non plus à celle d’un brasier, d’un incendie, mais à celle d’une plaie dévorante, consumante. A la.

place d’une byperboleélégante,

il met un mot fort, qui rend la sensation rongeante de lamour dédaigné. — Noter dans la suite une certaine aftectation de réalisme cruel. La Camargo n’est soucieuse dans sa passion ni de dignité, ni de distinction (et c'estainsiqueles contemporains de Musset voyaient Ia passion italienne : Stendhal l’oppose à Yamour français, presque toujours affaibli ou compliqué de vanité): c’est une mendiante d’amour. — Cf., pour le réalisme macabre, ce que dit la Camargo :

Rafaël! Rafaël! le jour que de mon front — Mes cheveux sur mes pieds un à un tomberont, --

Que mes joues el mes mains bleui: …

Lee

Re

+ Et je serai plus dure et plus

inexorable

Qu'un pauvre pour son chien, après qu'un jour entier

Il a dit : « Pour l’amour de Dieu! » sans un denier.

— Suis-je pas belle encor? — Pour trois nuits mal dormies

- Ma joue est-elle creuse ? ou mes lèvres blèmies?

Vrai Dieu, ne suis-je plus la Camargo! — Sait-on Sous mon rouge, d’ailleurs, si je suis pâle ou non? Va, je suis belle encor! C’est ton amour, pertide Garuci,.que déjà le temps efface et ride, —

Non mon visage ! — Un nain contrefait et boiteux, Voulant jouer Phœæœbus, lui ressemblerait mieux,

Qu’aux façons d’une amour fidèle et bien gardée

L’allure d’une amour défaillante et fardée.

Ah! c’est de ce matin que ton cœur m'est connu,

Car en le déguisant tu me l’as mis à nu ?.

Certes, c’est un loisir magnifique et commode

Que la paisible ardeur d’une intrigue à la mode!

— Qu'est-ce alors ! — C’est un flot qui noùs berce révant! C’est l'ombre qui s'enfuit d’une fumée au vent {! Mais que l’ombre devienne un speetre, et que les ondes S’enfoncent sous les pieds, vivantes et profondesÿ,

Le mal aimant recule, et le bon reste seul.

Oh! que dans sa douleur ainsi qu’en un linceul Il se couche à cette heure et dorme! La pensée

. ront comme celles — D'un noyé,

que mes yeux laisseront mes prunelles — Tomber avec mes Dleurs. en - 4

On sent combien il y aloin de ces mots à ceux de Chi-

- mène :

Pleurez, pleurez mes yeux et fondez- | : [vous en eau !

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