TRISTESSE
[ Voir sur l’état d'esprit de Musset en 1840, Jntroduction, p. 46. Il écrivit cette pièce à Bury,’ chez son ami Alfred Fattet : « J'ai été à Bury ; j'ai revu les bois que j'aimais tant il y a deux ans. Je me suis abreuvé de verdure ». (A son frère, juin 1840.) Au même moment à peu près, il écrivait ses vers à sœur Marceline ! (v. Introduction, p. 45 et pp. 50-51) qu’il refusait de publier :. @ Mme de Castries m'approuve; elle dit qu’il est bon d’avoir dans l’âme un tiroir secret; pourvu qu’on n’y mette que des choses saines. » | te |
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J'ai perdu ma force el ma vie,
Et mes amis et ma gaité ; J'ai perdu jusqu’à la fierté $ Qui faisait croire à mon génie. ;
Quand j'ai connu la Vérité,
J'ai cru que c'était une amie ; à Quand je l'ai comprise et sentie,
J'en étais déjà dégoûté.
Et pourtant elle est éternelle, Et ceux qui se sont passés d’elle Ici-bas ont tout ignoré, Re
Dieu parle, il faut qu’on lui réponde, Le seul bien qui me reste au monde Est d’avoir quelquefois pleuré.
< Bury, 14 juin 4840.