‹ Morceaux choisisChapitre 396 sur 439 · SUR LA PARESSE · texte numérisé non relu

SUR LA PARESSE

Tonneau d’encre bourbeux par Fréron défoncé, Dont, jusque sur le trône, on est éclaboussé? ; En second lieu, nos mœurs, qui se croient plus sévères, Parce que nous cachons et nous rinçons nos verres, Quand nous avons commis, dans quelque coin honteux, Ces éternels péchés dont pouffaient nos aïeux#; Puis nos discours pompeux, nos fleurs de bavardage, L'esprit européen de nos coqs de village, Ce bel art si choisi d’offenser poliment, Et de se souffleter parlementairement;

ee is 7 else tre. rene eue pese «SD ee Sat 6e je

Ensuite, un mal profond, la croyance envolée,

La prière inquiète, errante et désolée,

Et, pour qui joint les mains, pour qui lève les yeux, - Une croix en poussière et le désert aux cieux * ;

pant quoi des nuées d'abonnés, l’un derrière, J’autre devant (vous savez comme on va aux champs), se groupent, s'écoutent, regardent en l’air,ouvrent la bouche, et payent tous les six mois. ».

4. 1bid.-: « Descendrons-nous au feuilleton? On ports pen être deviner comment parfois il se fabrique ; ce n’est pas avec quoi les abeïlles font leur cire. »

2, Cf.sur le « pâle pamphlétai-

«re » la Nuit de Mai, p. 263, n. 2.

— Fréron (1718-1776), le fondateur de l’Année littéraire, valait peut-être mieux que sa réputa-

tion: Voltaire, son ennemi, s’est chargé de le noircir. — Sur le trône : Musset a toujours gardé l'indépendance de ses opinions politiques, malgré ses relations avec le- duc d'Orléans, héritier du trône ; mais il était indigné des ignobles injures dont la basse presse opposante couvrait le roi et la famille royale.

Page 1