‹ Morceaux choisisChapitre 399 sur 439 · Déjà au 17° siècle on exaltait · texte numérisé non relu

Déjà au 17° siècle on exaltait

Régnier aux dépens de son discile : « Quelle différence, s’écrie radon, entre le Festin de Re-

gnier et celui de Boileau. On ne

voit pas ces badineries dans Regnier...ÏIlne divaguüe point en des fadaises d’écolier et de méchant

goût comme fait notre homnre,»

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Certes, s’il eût parlé, ses robustes gros mots Auraient de pied en cap ébouriffé Les sots :

Qu'il se fût abattu sur une telle proie, * L'ombre de Juvénal en eût frémi de joie !,

Et sur ce noir torrent qui mène tout à rien ? Quelques mots flotteraient, dits pour les gens de bien. Franchise du vieux temps, muse de la patrie,

Où sont ta verte allure et ta sauvagerie ?

Comme ils tressailleraient, les paternels tombeaux, | Si ta voix douce et rude en frappait les échos! Comme elles tomberaient, nos gloires mendiées, -- De patois étrangers # nos muses barbouillées, Devant toi qui puisas ton immortalité

Dans ta beauté féconde et dans ta liberté!

Avec quelle rougeur et quel piteux. visage

Notre bégueulerie entendrait ton langage,

Toi qu’un juron gaulois n’a jamais fait bouder,

Et qui, ne craignant rién, ne sais rien marchander ! Quel régiment de fous, que de marionnettes, Quel troupeau de mulets dandinant leurs sonnettes, Quelle procession de pantins désolés 5,

Passeraient devant nous, par ta voix appelés!

Et quel plaisir de voir, sans masques ni lisières,

A travers le chaos de nos folles misères, ‘

Courir en souriant tes beaux vers ingénus, Æ

Tantôt légers, tantôt boiteux, toujours. pieds nus 7!*.

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