L'amour - fantaisie, celui
dont parle Ghamfort. — Il y a
une comédie de Thomas Corneille qui s'appelle l'Amour a ta mnode.
4, Garuci n’imegine pas un autre amour, « c’est l’histoire du cœur. — Fout va si vite en lui!
— Tout y nieurt comme un son... »
5. Ceci. est du romantisme agressif : la passion est obsédante comme unehallucination, troublante comme un cauchemar, engloutissante comme un abîime vivant qui aspire les âmes prises du vertige d'aimer.
Musset a, plus tard, exprimé avec plus de simplicité 1e tragique de lamour, — que d’ail-
- Jeurs le vers suivant évoque si
fortement, par l’image de la solitude où se réveille une âme déçue par la trahison,
Une femme ne vit el ne meurt que d'amour ; Elle songe une année à quoi lui pense un jour 1!
[Rafaël s'est grisé avec l'abbé. Ils en sont aux confidences. Rafaël fait sa profession de foi de fantaisiste à l’abbé, qui s'endort et glisse sous la table ; il lé secoue, le réveille : Si l'abbé veut la Camargo, qu'il aille la prendre; Rafaël la lui donne; mais comme elle pourrait bien n’être pas d'humeur aussi accommodante que lui, ce serait sage à l'abbé de se faire passer pour Rafaël. L'abbé n’est pas de force à jouer le rôle; (vieux moyen de comédie, qu’on trouve par deux fois employé dans le Trompeur de Séville, de Tirso de Molina). La Camargo appelle au secours, fait avouer à l’abbé que son s/ratagème lui a été inspiré par Rafaël; il faut qu’elle se venge. Voici ce qu’elle propose à l'abbé, plus épris et
plus piteux que jamais.] :
L’ABBÉ Fa Eh! Madame, Ne daignerez-vous pas baisser vos yeux sur moi? Si le plus absolu dévoüment.… | >
CAMARGO
Lève-toi.
As-tu le poignet ferme?
L’ABBÉ Hai!
CAMARGO Voyons ton épée.
L’ABBÉ Madame, en vérité, vous vous êtes coupée.
CAMARGO
Hé quoi! pâle avant l’heure, et déjà faiblissant2? +
L'ABBÉ Non pas, mais têtebleu! voulez-vous donc du sang ! 7”
dans Charles VIL chez ses.
‘à Q , # -4, Ces vers sont inspirés de grands vassaux.
don Juan de lord Byron; Lettre de Julia : « L'amour n’est qu’un
épisode dans la vie de l’homme:
il est toute l'existence de la femme.» — M. Estève, qui fait ce rapprochement (Byron et
- Le romantisme français, p. 460),
remarque d’ailleurs que, Mr:
de Staël avait dit avant Byron (De l’Influence des Passions):
«.. L'amour est l’histoire de la vie des femmes; c’est un épisode dans celle des hommes... »
— À, Dumas père a mis ce thème sur les lèvres de Bérengère,