IL FAUT QU'UNE PURTE SOIT OUVERTE OUFERMÉE
, LA MARQUISE Vous ne voulez pas vous lever ?
LE coM TE
Non, non, et non! comme vous le disiez tout à ME 0 moins que vous ne consentiez à m’entendre.
t LA MARQUISE J'ai bien DhoGneRe de vous saluer.
Elle se lève.
LE COMTE, {oujours à genoux.
Marquise, au nom du ciel! cela est trop cruel. Vous me rendrez fou, vous me désespérez.
LA MARQUISE Cela vous passera au Café de Paris.
LE COMTE, de même,
Non! sur l’honneur, je parle du fond de l’âme. Je conviendrai, tant que vous voudrez, que j'étais entré ici sans dessein ; je ne comptais que vous voir en passant, témoin cette porte que j'ai ouverte trois fois pour m'en aller. La conversation que nous venons d’avoir, vos railleries, votre froideur même, m'ont entraîné plus loin qu’il ne fallait peut-être : mais ce n’est pas d'aujourd'hui seulement, c’est du premier jour où je vous ai vue, que je vous aime, que je vous adore... Je n’exagère pas en m'exprimant ainsi ;... oui, depuis plus d’un an, jé vous adore, je ne songe...
LA MARQUISE Adieu.
La marquise sort et laisse la porte ouverte.
LE COMTE, demeuré seul, resle un moment encore à genoux, puis il se lève et dit :
C'est la vérité que cette porte est glaciale, Il pa pour sortir et voit la marquise.
LE COMTE Ah! marquise, vous vous moquez de moi.
LA MARQUISE, appuyée sur la porte entr’ouverte.
Vous voilà debout ?
LE COMTE
Oui, et je m'en vais pour ne plus jamais vous revoir.
ER
LA MARQUISE Venez ce soir au bal, je vous garde une valse.
LE COMTE Jamais, jamais je ne vous reverrai ! je suis au désespoir, je suis perdu.
LA MARQUISE Qu’avez-vous ?
LE COMTE
Je suis perdu, je vous aime comme un enfant. Je vous jure sur ce qu'il y a de plus sacré au monde..
LA MARQUIS& Adieu.
Elle veut sortir.
LE COMTE
C’est moi qui sors, Madame; restez, je vousten supplie. Ah! je sens combien je vais souffrir !
LA MARQUISE, d’un ton Sérieux.
Mais, enfin, Monsieur, qu'est-ce que vous me voulez? LE GOMTE Mais, Madame, je veux,... je désirerais...
LA MARQUISE
Quoi ? car enfin vous m'impatientez. Vous imaginez-vous que je vais être votre maîtresse, et hériter de vos chapeaux roses ? Je vous préviens qu’une pareille idée fait plus que me déplaire, elle me révolte.
LE COMTE
Vous, marquise ! grand Dieu! s’il était possible, ce serait. ma vie entière que je mettrais à vos pieds; ce serait mon
nom, mes biens, mon honneur même que je voudrais vous confier. Moi, vous confondre un seul instant, je ne dis pas
seulement avec ces créatures dont vous ne parlez que pour
me chagriner, mais avec aueune femme au monde! L’avezvous bien pu supposer? me croyez-vous si dépourvu de
sens? mon étourderie ou ma déraison a-t-elle donc été si.
loin que de vous faire douter de mon respect? Vous qui me disiez tantôt que vous aviez quelque plaisir à me voir, peut-être quelque amitié pour moi (n’est-il pas Vrai, marquise ?), pouvez-vous penser qu’un homme ainsi distingué par vous, que vous avez pu trouver digne d’une si