‹ Morceaux choisisChapitre 55 sur 439 · IS AE 5 ALFRED DE · texte numérisé non relu

IS AE 5 ALFRED DE

MUSSET

Si tranquille, si pure, œil moltané, fc penché, Ainsi qu'un jeune faon dans les hauts blés couché ë Sentit ceci, — qu'au front d’une femme endormie, #8

Il n’est âme si rude et si bien affermie

Qui ne trouve de quoi voir son plus dur chagrin

Se fondre comme au feu d’une flamme lairain. is Car, à qui s’en fier ?, mon Dicu ! si la nature : à Nous fait voir à sa face une telle imposture, | Qu'il faille séparer la créature en deux,

Et défendre son-cœur de-l’amour de ses yeux!

Cependant que, debout dans son antique salle,

Le Toscan sous sa lampe inclinait son front pâle, 4 Au pied de son balcon il crut entendre, au long Du mur, une voix d'homme, avec un violon. — 4

Sur quoi, s'étant sans bruit avancé sous la barre,

Il vit distinctement deux porteurs de guitare, — L'un inconnu, — pour l’autre, il n’en pouvait douter, :

C'était son manteau noir , — il le’voulut guetter. Pourtant rien ne trahit ce qu en sentit son âme,-

Sinon qu’il mit la main lentement à sa lame, é | Conime pour éprouver, la tirant à demi,

Vient.de cueillir la rose, il faut qu'elle se fane ;

Mais celle- -Ci, du moins, je veux la respirer (*) !

(11 l’embrasse.) 2

O souffle pur, qui viens encor de m'attirer ! — Ta lèvre de parfums et le baumes trempée

Il faut que je PE !

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