‹ Morceaux choisisChapitre 78 sur 439 · C'est une réminiscence de · texte numérisé non relu

C'est une réminiscence de

Me de Staël ; elle se retrouve,

transfigurée, un peu plus loin :

Etoile qui descends de la verte colline, Triste larme d'argent du manteau de 7 [la nuit.

Cf. Il ne faut jurer de rien, HI, 4; Cécile à Valentin :« Voyons!

savez-vous ceque c’est que cela ?

— Quoi? Cette étoilé à droite de cet arbre ? — Non; celle-là qui se montre à peine et qui brille comme une larme.—Vous avez lu Msede Staël ?.… »

3. C’est la pudeur de son âme . qui colore son front. Elle en a

trahi toutes les mélancolies et

toutes les ardeurs, par l'accent qu’elle a donné au chant de Desdémone.

4. L'œuvre d’un grand artiste, interprétée par une jeune fille qui ne sait rien de la vie, lui découvre un monde intérieur qu’elle ignorait. Ce mystère de ’âme avide d’une soufirance innomméetest très fortement ressenti par Musset. C’est le propre de lPinquiétude spirituelle et de l’angoisse sentimentale de naître sans cause définie, à

la suggestion d’une belle chose,

5. La comparaison d’une jeune fille avec une fleur qui va éclore est vieille commele monde. Musset l’a réinventée par Pusage quil en a fait. V. p. 81, n.4, sous quelles formes il l’a rencontrée chez J.-P. Richter.

6. Parenté de la tristesse et de l'émotion esthétique,surtout musicale. Presque toutes les

grandes œuvres muüsicales ont

été écrites, sinon sous l'effet de la douleur, du moins par des hommes qui avaient beaucoup souffert et vécu de leur soutffrance. Beethoven n'aurait jamais conçu l’Hymne a la joie tel qu’il est, s’il n'avait eu l'âme si accueillante pour la tristesse.,

PTS TRS RS PCT TS ST PP PI CL LPS RTL S

* Langue que pour l’amour inventa le génie!

Qui nous vins d'Italie, et qui lui vins des cieux!

Douce langue du cœur, la seule où la pensée,

Cette vierge craintive et d’une ombre offensée!,

Passe en gardant son voile, et sans craindre les yeux! Qui sait ce qu'un enfant? peut entendre et peut dire Dans tes soupirs divins nés de l’air qu'il respire,

Tristes comme son cœur et doux comme sa voix ? ? On surprend un regard, une larme qui coule; à

Le reste est un mystère ignoré de la foule,

Comme celui des flots, de la nuitet des bois!...

[Tiburce l’écoutait : œil. dur et sévère, sourire étrange, comme celui des héros byroniens. Ses yeux ont rencontré ceux de Georgina: :

Alors, baissant la tête, il s’avança vers elle,

Et lui dit: « M’aimes-tu, Georgette, m'aimes-tu ? »

D'après Le Koman par lettres, probablement écrit au début de 1833,

et qui, non publié par Musset, fut pour lui comme une réserve de thèmes où nous le verrons puiser souvent, —"ce mot aurait été inspiré

par le souvenir de Fabre d'Eglantine : >

« [H] chantait très bien. Un jour qu'il s'était surpassé lui-même, il aperçut dans le coin d’un salon une jeune demoiselle qui pleurait en l’écoutant... Une sympathie surnaturelle lia leurs regards l’un à l’autre tout le temps que l'air dura. Lorsqu'il eut fini, il traversa la foule ét s’en fut droit à elle. Elle se leva, le voyant venir, et s’enfuit dans un salon reculé où il n’y avait personne. Là, elle avait. appuyé sa tête dañs sa main et achevait de laisser couler ses larmes, lorsque Fabre: d’'Églantine, arrivant à elle.

précipitamment, lui prit la mainet lui dit : « M'aimes-tu,

Marie 1? »

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