‹ Morceaux choisisChapitre 77 sur 439 · SAULE · texte numérisé non relu

SAULE

Mais tout avait cessé, le charme et les terreurs,

Et la femme ! en tombant ne trouva que des pleurs.

Pleure, le ciel te voit! — pleure, fille adorée !

Laisse une douce larme au bord de tes yeux bleus

Briller, en s’écoulant, comme une étoile aux eieux ? !

Bien des infortunés dont la cendre est pleurée

Ne demandaient pour vivre et pour bénir leurs maux Qu'une larme, — une seule, et de deux yeux moins beaux !

Echappant aux regards de la foule empressée, Miss Smolen s’éloignait, la rougeur sur le front3; Sur le bord du balcon elle résta penchée.

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Oh! qui l’a bien connu, ce mouvement profond,

Ce charme irrésistible, intime, auquel se livre

Un cœur dans ces moments de lui-même surpris f, Qu’aux premiers battements un doux mystère enivre, Jeune fleur ÿ qui s’entr’ouvre à la fraicheur des nuits ! Fille de la douleur! harmonie! harmonie!

- 4. L'inspiration est comme épuisée. Il ne reste plus qu’une créature humaine ; mais pour Musset les larmes sont la suprême expression de l’élément divin qui subsiste en nous.

Quand l’expression artistique - nous manque pour traduire la nostalgie du divin, il nous reste les larmes. Il dira plus tard :

« Le seul bien qui me reste au monde est d’avoir quelquefois pleuré », et non pas d’avoir créé quelques beaux symboles, quelques expressions parfaites de ma douleur.

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