SAULE
Mais tout avait cessé, le charme et les terreurs,
Et la femme ! en tombant ne trouva que des pleurs.
Pleure, le ciel te voit! — pleure, fille adorée !
Laisse une douce larme au bord de tes yeux bleus
Briller, en s’écoulant, comme une étoile aux eieux ? !
Bien des infortunés dont la cendre est pleurée
Ne demandaient pour vivre et pour bénir leurs maux Qu'une larme, — une seule, et de deux yeux moins beaux !
Echappant aux regards de la foule empressée, Miss Smolen s’éloignait, la rougeur sur le front3; Sur le bord du balcon elle résta penchée.
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Oh! qui l’a bien connu, ce mouvement profond,
Ce charme irrésistible, intime, auquel se livre
Un cœur dans ces moments de lui-même surpris f, Qu’aux premiers battements un doux mystère enivre, Jeune fleur ÿ qui s’entr’ouvre à la fraicheur des nuits ! Fille de la douleur! harmonie! harmonie!
- 4. L'inspiration est comme épuisée. Il ne reste plus qu’une créature humaine ; mais pour Musset les larmes sont la suprême expression de l’élément divin qui subsiste en nous.
Quand l’expression artistique - nous manque pour traduire la nostalgie du divin, il nous reste les larmes. Il dira plus tard :
« Le seul bien qui me reste au monde est d’avoir quelquefois pleuré », et non pas d’avoir créé quelques beaux symboles, quelques expressions parfaites de ma douleur.