LÉ SAULE
Tu peux faire accourir-ou chasser la tempête! Sur ce globe d'argile à l’espace jeté, |
D'où vers son Créateur l'homme élevant sa tête Passe et tombe en rêvant une immortalité? ;
Mais comme toi* son sein renferme une étincelle De ce foyer de vie et de force éternelle,
Vers lequel en tremblant le monde étend les bras,
Prêt à s’anéantir, s’il5 ne l’animait pas!
Son essence à la tienne est égale et semblables.
Lorsque Diew l'en? tira pour lui donner le jour,
Il te fit immortel, et le fit périssable. é
Ilte fit solitaire, et lui donna l'amour”.
Amour! torrent divin de la source infinie!
O dieu .d’oubli, dieu jeune, au front pâle et charmant 10! Toi que tous ces bonheurs, tous ces biens qu’on envie Font quelquefois de loin sourire tristéement !!, Qu'importe cette mer, son calme et ses tempêtes, Et ces mondes sans nom qui roulent sur nos têtes, Et le temps êt la vie, au cœur qui L’a connu 2?
1. Le dieu qui dissipe les nuées, passait aussi dans les an- “ciennes mythologies pour celui qui les rassemble. ;
2, Pour Musset,contrairement à ce que pense Lamartine, l’immortalité n’est qu’un songe dont l'humanité s’enchante.
3. Voici le soleil, éfre sublime, esprit de vie….., dépossèdé de sa souveraineté. Il n’est pas le foyer originel des forces; luimême emprunte lénergie qu'il répand à la source inconnue.
k. En tremblant. Noter cette
conception pathétique de laspiration universelle ; — il y de-.
meure, sans que Musset le veuille, un élément chrétien.
5. S’il : équivoque..Zl désigne ce foyer. La phrase est mal faite.
6. Ce qui ne dure qu'un jour participe à l'éternité, comme ce qui dure des siècles. Au prix de l'éternité, toute durée est éphé-
mère. Mais on va voir que le
poëête veut dire autre chose.