On voit bien.que Musset
conférant au soleil (à tort) l’im-
mortalité, veut dire que le périssable intéresse l’homme plus que l'éternel, Cf. A. DE ViGNy,
Maison du Berger, éd. Canat, p.
d10 : « Aimez ce que jamaison ne verra deux fois! — Oh! qui verra deux fois ta grâce etta tendresse, —Ange doux et plaintif qui parle en soupirant”?» Musset n'a d’ailleurs pu connaitre cette pièce.
9, Beau vers, que toute la poésie romantique pourrait commenter ; l'amour est le grand consolateur. L'homme ne concoit la grandeur impassible et solitaire que pour s’en épouvanter. Deux êtres faibles et misérables, en s'aimant, atteignent une vérité plus douce, peut-être plus profonde, mais sûrement plus humaine que celle où s'arrête le fort dans son .
isolement, ;
10. Noter comment ces deux vers, si différents, se fondent harmonieusement. Le premier est métaphysique ; le second délicieusenient paien.
11. Le poëte, qui retrouve d'instinct la grâce alexandrine de l’Eros mythique, parle à VAmour comme naguère à l’étoile de Vénus, « mélancolique amie !... »
42.. Anéantissement dans la rêverie amoureuse. Le poète en parle comme un mystique.
NS
Le AE
ALFRE £ DE
MUSSET Dh : Ne -
Fils de la Volupté, père des Rêveries 1: EE
Tes filles sur ton front versent
leurs Hs chéries,
Ta mère en soupirant t’endort sur son sein nu!
| Le vieux Smolen a surpris Tiburce. Le septième fragment montre
Georgina au couvent : elle se meurt
; un jeune homme couvert d'un
froc ‘s’élance (situations analogues dans un très grand nombre de
Le] romans du 18° siècle,
notamment dans Le Comle de Comminges, de
M*° de Tencin) : c’est Tiburce. Il arrive pour la voir mourir. =: ee
Huitième fragment : : Tout est fini
: Ja cendre ést rendüe à la terre :
Mais vous, rêves d'amour, rires, propos d'enfant, : Et ioi, charme inconnu dont rien ne se défend, ;: -
Qui fis hésiter Faust au seuil de Marguerite, Doux mystère du toit que l’innocence habite, É : Candeur des premiers jours, qu’êtes-vous devenus ? ; Rae
Paix profonde à ton âme, enfant!
à ta mémoire !
Adieu ! Ta blanche main sur le clavier d'ivoire ETA
Durant les nuits d'été ne voltigera plus 2. RATE EE LATE
[Dernier fragment :
l'Espérance, On le voit chanceler :
Et cependant il chante, et l'oreille ést ravie x Des sons mystérieux qu’il mêle au ne des vents.
un jeune homme en deuil, la nuit, sur le brick
= | er AT =
C'est la chanson du Saule, et c’est Tiburce, qui chante jusqu’à la
dernière goutte de son Sang, qui coule de son cœur poignardé.] S =
1. Généalogie bien malencontreuse, mais immédiatement répese "par les deux vers sui-
vants, où le charme des images s'allie à une mélodie si pénétrante. — Ta mère — Vénus, Il est très curieux de noter comment cet hymne, d’un accent très moderne au début, s'achève sur des images antiques.
* Le fond d'imagination et de pensée d’ sus A ne
transparaîit-il pas, chez Musset, à travers les influences contemporaines, et en particulier germaniques ?
2. En replaçant ces vers dans l'Elégie de Lucie (cf. p. 400, n.5), = Musset les a fait précéder de € celui-ci :
Doux mystère du toit que l'innocence [habite, Pr
Chansons, rêves d'amour...