Dans le sens latin d'otium -= loisir
3. Sur cette royauté des artis- -tes de la Renaissance italienne, Y. TAINE, Philosophie de l’art,
: 4. Allusion à la rivalité artistique entre l’école vénilienne, lPécole milanaise (dontle maître
-fut Léonard de Vinci) et lPécole romaine, illustrée-sartout par Raphaël,quifutsuccessivement, à partir de1508;le peintre favori EF du pape Jules Il et de Léon X :
=. € Il n'eut pas seulement upe nombreuse école, mais une vé- ritable cour. » (5. REINACH,
Apollo.) +. 1
- à. Michel-Ange (1475-1564), ar-
chitecte, peintre, sculpteur et
poète, génie tourmente, tendu, aux allures de « Titan impétueux » (S. REINACH). Son œuvre --énorme témoigne d’une science anatomique parfaite ; il y a dans ses figures, dans la pose hardie de ses corps, dans leur puis-
RAS x S LG + * GC + — 116
- sance musculaire,quelquechose
de démesuré, de surhumain, (V. sur luile beau livre de M, Romain Rolland.)
6. Michel-Ange était très irri-table, chagrin et soupçonneux; v. le ch. IT du livre de Romain Rolland, L’avortement des grands projets : .:« Son. génie était héroïque, sa volonté ne l’élait point, »
7. Né à Urbino en 1483, mort en pleine jeunesse, en 1520, Raphaël est Pantithèse de Michel- Ange. Il n’a pas connwles an-
-goisses d’une aspiration démc-
surée. [1 travaillait dans la joie.
Son génie a quelque chosé de feminin. — Il était, Cdepuis la mort de Bramante, architecte de Saint-Pierre, él inspecteur
des antiquités et des monu-
ments de Rome. » (S. REINACH, op. cit.) V. sur lui le livre de L.
Gilet.
8. Le Corrège (1194-1534) est caractérisé ici d'une manière assez inexacte, mais on voit à peu près comment Musset a pu dire :
« travaillant pour son cœur...»
C'était une nature « douce et - sénsuelle », une âme «éprise de
beauté suave, de sourire et de
ALFRED DE
MUSSET
Travaillant pour son cœur, laissant à Dieu le reste ; Le Giorgione, superbe, au jeune Titien Montrant du-sein des mers son beau-ciel vénitien !;
Bartholomé?
, pensif, le front dans la poussière,
Brisant son jeune cœur sur un autel de pierre,
Interrogé tout bas sur l’art par Raphaël,
Et bornant sa réponse à lui montrer le ciel...
Temps heureux, temps aimés! Mes mains alors peut-être, Mes lâches mains, pour vous auraient pu s'occuper; Se Mais aujourd’hui, pour qui? dans quel but? Sous quel maître? L'artiste est un marchand, et l’art est un métier. 7 ‘Un pâle simulacre, une vile copie,
Naissent sous le soleil ardent de l'Italie 3...
Nos œuvres ont un an, nos gloires ont un jour ; ; :
Tout est mort en Europe, — oui, tout, — jusqu’ à l’mouri. Ah! qui que vous soyez, vous qu'un fatal génie
Pousse à ce malheureux métier de poésie,
Rejetez loin de vous, chassez-moi hardiment
Toute sincérité; gardez que l’on ne voie
Tomber de votre cœur quelques gouttes de sang»;
Sinon, vous apprendrez que la plus courte joie
Coûte cher, que le sage est ami du repos,
Que les indifférents sont d'excellents bourreaux.
Heureux, trois fois heureux, l’homme dont la pensée
MUUSre » ; M. Salomon Reinach
a pu l'appeler un « Michel- ARE sentimental.
4. Giorgione (1478: 1514) fut, en cffet, le maitre de Titien, qui n'avait guère que douze ans de
moins que lui, et qui mourut en 4575. L'école vénitienne se recommande surtout par son coloris, par ce qu'il y a de lumineux, de fastueux, de gai dans sa représentation de la vie : les fleurs, les fruits, les pierres précieuses, des draperies sOomp-
tueuses, des chairs ambrées,.des
feuillages sombres sur de beaux cieux. Voir, de Giorgione, au Louvre, le Concert champétre.
2. Fra Bartolomeo (4475-1517) a exercé, « par son instinct-des compositions rythmées », quelque influence sur Raphaël.
3. Nous avons ici, probablement, l'écho de conversations de Musset avec des peintres de
- feut s’écrire au tranchant du sabre ou de l'épée!
son temps, Devéria, Delacroix, qui déploraient Pinfluence des concours officiels l’Académisme dénué d'originalité que de jeunes peintres pensionnés cultivæient à la villa Médicis.