Laissons Vigny répondre
« I] faut bien plus de génie pour résumer tout ce qu’on sait de la vie dans une œuvre d'art, que pour jeter cette semence sur la terre, toujours remuée, des événeménts politiques...
Les premiers des hommes seront toujours ceux qui feront d’une feuille de papier, d’une toile, d’un marbre, d’un som,
des choses impérissables...,.,.
L'application des idées aux choses n’est qu’une perte de temps pour les créateurs de pensées, »
(Stello, ch. XXXIX, 1832.) On a
là les deux thèses extrêmes.Voir encore, parmi bien d’autres textes, ces lignes de Vigny (Lettre parisienne, signée Y, dans l’Avenir du 3 avril 1831): « Grâce à ces bienheureux sceptiques qui, dédaignant d’avoir foiauxnouvelles croyances politiques, n’appliquent leur intelligence et ne dépensent leur temps qu’à alimenter le feu sacré des Muses....! » D'ailleurs, cet anathème à la pensée pure n’est qu’une boutade de Musset. Et l’on verra dans la dédicace de La Coupe et Les Lèvres, qu’il se défendait
contre le leurre de l’action.