Le 1° septembre 1833 (Un
mot sur l’art moderne, dans la--
Revue des Deux Mondes), Musset développera une théorie bien différente : « Depuis quand la pensée ne peut-elle plus monter en croupe derrière l’action? Depuis quand l'humanité ne va-telle plus au combat, comme Tyrtée, son épée-d’une main et sa lyre de l’autre”? Puisque le monde d'aujourd'hui a un corps, il a une âme; c’est au poëte à la comprendre, au lieu de la nier... » Ilcroit donc bien à la mission du poète. On peut assurer qu’en 1833, ayant lu Stello,
. Ombre des temps passés, tu n’es pas de cet âge.
Entend-on le nocher chanter pendant l'orage?
A l’action! au mal!! Lé bién reste ignoré. Allons! cherche un égal? à des maux sans rémède. Malheur à qui nous fit ce sens dénaturé!
He Le mal cherche le mal, et qui souffre nous aide. : L'homme peut haïr l’homme, et fuir, mais malgré lui,
= Sa douleur tend la main à la douleur d'autrui. -C'est tout. Pour la pitiéf, ce mot dont on nous leurre,
iken subissait l'influence. — Ne
pas voir en ces variations Pin-
différence du virtuose qui s’accommode de n'importe quelthe:
-me, mais la preuve d’un esprit riche en antagonismes, et qui, ne pensant pas avec assez de suite pour les résoudre, cède à lémotion présente.
Musset est encore revenu sur la question des rapports de la pensée à Paction dans Lorenzsaccio, À. IT, sc. 1; A. HF, sc. 3.
1. Cf, Le Saule : « À l'action, Iago! Cassio meurt sur la pla-
ce. » Lorenzo dira aussi à Phi--
“lippe Strozzi, le penseur déso-
rienté dans l’action: « Je sais , parfaitement qu'il ya[des hommes bons]; mais à quoi sérventils ? Que font-ils ? Comment agissent=ils ? Qu'importe que la conscience soil vivante, si le bras est mort? »
2. Un égal. Ceci n’est pas très clair. Musset met l'homme de à pensée au défi de trouver une
idée qui soit de force à Conso-
ler et guérir lPhumanité. La
souffrance féelle n’a point de
commune mesure avec l’intelligence, qui spécule,