VIII. — Royaume de Naples
Le 23, j’arrivai à Naples 3.
Il me semble que ceux qui cherchent les beaux ouvrages de l’art ne doivent pas quitter Rome. A Naples, il me paraît qu’il est plus facile de se gâter le goût que de se le former.
J’ai vu aujourd’hui quatre ou cinq églises : j’y ai trouvé des ornements, de la magnificence ; aucun goût : un goût gothique^; dans les ornements, quelque chose de bizarre, et rien de cette simplicité qui est dans les ouvrages anciens ou dans ceux de Michel-Ange et ceux qu’il a formés. J’ai vu plusieurs façades de palais : je n’en ai pas trouvé une seule de bon goût ; je ne sais ce que sera le dedans^. L’Eglise des
obscurs et fait sortir les figures par les demi-teintes », dit Montesquieu dans un autre passage.
1. « Gomme les rayons du soleil tombent toujours à plomb sur -la tête et glissent sur les autres parties du corps, la tête et le haut du corps sont les plus éclairés, et les bas des figures le sont moins. » {Ibid.)
2. Louis XIV avait fondé en 1666 l’Ecole de Rome ; mais elle était alors installée d.ans le Palais Mancini. Montesquieu pensait que l’école vénitienne qui comptait les Vivarini, Carlo Grivelli, et surtout les Bellini, pouvait oflrir des leçons utiles.
3. « Le 18 (avril 1729), je partis de Rome pour Naples, dans une chaise, avec deux Allemands. »
{Ibid.)