‹ Morceaux choisisChapitre 102 sur 369 · A la suite des Voyages (éd · texte numérisé non relu

A la suite des Voyages (éd

cit.), on trouve parmi les Fragments publiés, un article de Montesquieu : De la Manière gothique. « Lorsque Part commence à décliner, dit-il, on ne connaît plus ce qu’on appelle la grâce. Bientôt on ne sait plus donner de mouvement aux figures. Ensuite, on ignore la variété des attitudes. On ne songe plus qu’à faire bien ou mal des figures, et on les met dans une position unique. C’est ce qu’on appelle la manière gothique. »

5. Montesquieu, qui est resté àNaples jusqu’au 6 mai, a trouvé que « le dedans » renfermait des merveilles, et même que certaines églises (celle de San-Severin, par exemple) étaient « d’un meilleur goût dl’architectureque les autres ». Il ne faut voir dans

MONTESQUIEU

Jésuites est (je crois) ce qu’il y a de mieux à Naples; elle est presque en croix grecque. Il y a, sur le mur intérieur de l’entrée, une assez belle peinture de Solimène, un tableau du Guerchin^ Une assez bonne architecture en dedans, excepté que les autels sont trop chargés d’ornements, et que la façade ne vaut rien. Je n’ai pas encore vu un ouvrage de sculpture qui m’ait fait plaisir ; mais je serai plus instruit dans quelques jours.

Naples est dans une très belle situation. Les rues en sont larges et très bien pavées de gros et grands quartiers de pierres carrées. Les maisons, toutes grandes et à peu près de même hauteur. Beaucoup de grandes et belles places ; et cinq châteaux en forteresses, qui ne laissent pas d’étonner.

Rome, la plus belle ville du monde. Si les arts étaient perdus on les retrouverait dans Rome.

Les docteurs qui montrent les raretés des environs de Naples, montrent quelquefois le lieu où Cicéron disait la messe ; au moins, le prince de Beauvau^ m’a dit qu’on le lui avait montré.

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