Tour aussi régulier que
« de plus que », employé par nos meilleurs auteurs du 17« siècle. Cf. : « Mes canons ont un grand quartier plus que ceux qu on fait. » (Molière, Les Précieuses, SC. X, même collection, p. 50, et note 4).
Résumer rapidement les principales causés qui, suivant Montesquieu, ont permis aux Romains de s’agrandir. Qu’en pensez-vous ?
N’y a-t-il pas d’autres causes dont il aurait dû tenir le plus grand compte? (Causes géographiques, ethnographiques, etc.)
Vous rapprocherez ce chapb tre du chapitre de Fustel de* Coulanges, La Cité antique,.
« Comment Rome a acquis l’empire », L. V, chap. Il, p. 432 sq.)
renoncer à l’espérance de la conquête du reste du monde, ou vous mettre en danger de vous voir enlever par les ennemis ces terres que vous nous refusez ? »
[Les chapitres IV et V mettent en regard de Rome, occupée de soumettre Funivers, les principaux adversaires dont elle a dû triompher.
Ce sont d’abord les Gaulois, que leur bravoure rendait égaux aux Romains, mais qui leur furent inférieurs à tant de titres ; c’est Pyrrhus qui avait bien des qualités personnelles, mais qui, simple aventurier, devait être vaincu. Vient alors le parallèle fameux entre Carthage et Rome : d’un côté, corruption précoce, indifférence pour le bien commun, inégalités de fortune étonnantes, divisions intérieures ; — de l’autre, obéissance au sénat, pauvreté et vertus qui l’accompagnent, orgueil national, amour ardent de la gloire, fidélité passionnée à la loi. Rome opposait des armées nationales et d’alliés à des mercenaires, elle trouvait pour sa défense un nombre considérable d’hommes; Carthage avait dans son pays un établissement moins solide que Rome dans le sien, les villes d’Afrique étaient mal protégées, aussi mai approvisiom nées que les troupes ; les mercenaires étaient insolents. En outre, le gouvernement de Carthage . était très dur, son commerce bien déchu depuis la fondation d’Alexandrie ; une puissance commerciale n’est jamais durable. La supériorité des Carthaginois comme cavaliers et comme marins est évidente, et à ce propos il faut voir la différence entre la guerre navale dans l’antiquité et dans les temps modernes, Rome devant Annibal se montra admirable de constance, elle fut sauvée par ses maximes anciennes. Il ne faut plus toutefois reprocher à Annibal de n’avoir pas marché sur Rome après Cannes, et de s’être retiré à Capoue. D’une façon générale les conquêtes sont plus faciles à faire qu’à conserver. (Chap. IV : Des Gaulois; 2° de Pyrrhus ;
5® Parallèle de Carthage et de Rome ; 4° Guerre Annibal.)
Une fois la défaite de Carthage achevée, la conquête du monde oriental fut facile. La Grèce eût été redoutable si elle avait été unie. La Macédoine, étant donnée sa situation, avait à craindre le moindre échec ; la mauvaise politique de Philippe la perdit. La légion se heurta à la phalange, et la légion l’emporta. Les Romains furent habiles en proclamant la liberté des Grecs. Les Etoliens commirent la faute d’appeler le roi de Syrie, Antiochus, prince faible malgré toutes les apparences, et qui fut battu à son tour. Restait l’Egypte que son anarchie intérieure affaiblissait. Les Rornains privent les rois de leurs auxiliaires Grecs, c’est-à-dire de leurs principales forces. (Chap. V : De l’Etat de la Grèce, de la Macédoine, de la Syrie et de V Egypte après rabaissement des Carthaginois.)
Pendant que les armées luttaient contre ces peuples, successivement, quelle était la politique, traditionnelle du Sénat? C’est ce que nous montre le chapitre VI. J
MONTESQUIEU