‹ Morceaux choisisChapitre 128 sur 369 · Les quatre parties, c.-à-d · texte numérisé non relu

Les quatre parties, c.-à-d

les quatre districts établis par Paul Emile après la défaite de Persée à Pydna (168 av. J.-C.) :

les habitants ne pouvaient pas contracter mariage, vendre ou acheter hors de chaque district,

9. ’ « Tite-Live, L. YII. » (M.) (En réalité, L. VIII, XV, année 338.)

10. De là, le soulèvement de la ligue achéenne, la prise de Corinthe (146 av. J.-C.), et l’asservissement dè la Grèce qui devient la province romaine d’Achaïe.

La république des Béotiens était pareillement une ligue de plusieurs villes; mais comme, dans la guerre contre Persée, les unes suivirent le parti de ce prince, les autres celui des Romains, ceux-ci les reçurent en grâce, moyennant la dissolution de l’alliance commune.

Si un grand prince, qui a régné de nos jours, avait suivi çes maximes lorsqu’il vit un de ses voisins détrôné, il aurait employé de plus grandes forces pour le soutenir et le borner dans l’île qui lui resta fidèle ; en divisant la seule puissance qui pût s’opposer à ses desseins, il aurait tiré d’immenses avantages du malheur même de son allié h

Lorsqu’il y avait quelques disputes dans un Etat, ils jugeaient d’abord l’affaire ; et par là ils étaient sûrs de n’avoir contre eux que la partie qu’ils avaient condamnée. Si c’étaient des princes du même sang qui se disputaient la couronne, ils les déclaraient quelquefois tous. deux rois^ ; si l’un d’eux était en bas âge^, ils décidaient en sa faveur, et ils en'* prenaient la tutelle, comme protecteurs de l’univers. Car ils avaient porté les choses au point que les peuples et les rois étaient leurs sujets, sans savoir précisément par quel titre : étant établi^ que c’était assez d’avoir ouï parler d’eux pour devoir leur être soumis.

Ils ne faisaient jamais de guerres éloignées sans s’être procuré quelque allié auprès de l’ennemi qu’ils attaquaient, qui pût joindre ses troupes à l’armée qu’ils envoyaient et.

1. Louis XIV soutint Jacques IL roi d’Angleterre, et voulut le rétablir sur le trône d’où l’avait chassé Guillaume d’Orange. L’Irlande catholique se leva pour soutenir Jacques IL Montesquieu, comme beaucoup de Français de cette époque (1688-1697), pense qu’il eût été profitable à la France de limiter scs efforts et de borner (noter l’expression) Jacques II dans l’Irlande ; la séparation de l’Irlande et de la Grande-Bretagne aurait été favorable à nos intérêts.

2. « Comme il arriva à Ariarathe et Holopherne, en Cappacloce. Appian :

In Syriac. Sur les Affaires de Syrie). •» (M.) Chap. XLVn.

3. « Pour pouvoir ruiner la Syrie en qualité de tuteurs, ils se déclarèrent pour le fils d’Antiochus, encore enfant, contre Démétrius, qui était chez eux en otage, et qui les conjurait de lui

rendre justice, disant que Eome était sa mère, et les Sénateurs, ses pères. » (M.)

4. Règle : Dans V ancienne langue on employait le pronom en aussi bien que de lui, d’elle, d’eux, d’elles, en parlant des personnes (de même y pour à lui, à elle, etc.)

Son époux en (= de sa femme) cher- [cliait le corps.

(La Fontaine.)

5. Participe absolu. Cf. Crou- ZET. . ., Gr. Fr., § 443 c) et sq.

6. « Je me contenterai de dire en peu de mots comment toujours ils eurent soin d’avoir dans les pays voisins un ami qui fût une échelle, une porte, pour y monter, pour y entrer, un auxiliaire pour les soumettre. Ainsi. . . » (Machiavel, Discours politiques sur les Décades de Tite-Live, II, 1.)

MONTESQUIEU

comme elle n’était jamais considérable par le nombre, ils observaient^ toujours d’en tenir une autre dans la province la plus voisine de l’ennemi, et une troisième dans Rome, toujours prête à marcher^. Ainsi ils n’exposaient qu’une très petite partie de leurs forces, pendant que leur ennemi mettait au hasard toutes les siennes

Quelquefois ils abusaient de la subtilité des termes de leur langue. Ils détruisirent Carthage, disant qu’ils avaient promis de conserver la cité, et non pas la ville*. On sait comment les Etoliens, qui s’étaient abandonnés à leur foi, furent trompés : les Romains prétendirent que la signiücation de ces mots : s’abandonner à la foi d’un ennemi^, emportait la perte de toutes sortes de choses, des personnes, des terres, des villes, des temples et des sépultures mêmes®.

Ils pouvaient même donner à un traité une interprétation arbitraire : ainsi, lorsqu’ils voulurent abaisser les Rhodiens, ils dirent qu’ils ne leur avaient pas donné autrefois la Lycie comme présent, mais comme amie et alliée^.

Lorsqu’un de leurs généraux faisait la paix pour sauver son armée prête à j)érir®, le sénat, qui ne la ratifiait point,

1. Il est inutile de sous-entendre : « cette règle de — ». 0&serpgr, c’est « se conformer à une règle, à une loi » ; le verbe est construit ici par analogie avec :

avoir soin de, se préoccuper de.

2. « C’était une pratique coustaute, comme on peut le voir par Thistoire. » (M.).

3. « Voyez comme ils se conduisirent dans la guerre de Macédoine. »

Ne lisez pas : « mettait 1 au hasard I toutes les siennes ». Mettre au hasard (ou mettre en hasard) = livrer au danger, faire courir péril.

Je me mets au hasard de me faire [rouer.

(Boileau, Satires, VI, v. 66.)

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