La plèbe
4. Le consulat, la dictature, la censure, la préture, l’édilité curule, sont les magistratures ciiriiles ; elles donnent le droit de siéger sur la chaise curule, fauteuil aux pieds courbés, ornés dlvoire, sans bras ni dossier, plus élevé que les sièges ordinaires ; quand ils sortaient, ces magistrats faisaient mettre ce fauteuil sur leur char, d’où le nom de curule.
5. Les éditeurs se trompent en interprétant cette phrase. Il faut entendre : « les avantages donnés par la naissance et la richesse (au point de vue politique) ne pouvaient pas durer longtemps. » Il est certain que les plébéiens ne seraient pas arrivés à l’égalité politique si une classe riche ne s’était formée parmi eux. Voyez la Cité antique^ p.
6. Entre eux et lui. Rapport a son sens plein ; analogie, ressemblance. On serait même tenté de donner au mot son sens scientüique : le rapport est le résultat de fa comparaison entre deux quantités.
7. L’allusion aux républiques italiennes est visible. Cf. Esprit des LoiSj V, viii, et plus haut
MONTESQUIEU
Les républiques, où la naissance ne donne aucune part au gouvernement, sont à cet égard les plus heureuses ; car le peuple peut moins envier une autorité qu’il donne à qui il veut, et qu’il reprend à sa fantaisie h
Le peuple, mécontent des patriciens, se retira sur le mont Sacré 2 : on lui envoya des députés qui l’apaisèrent; et comme chacun se promit secours l’un à l’autre, en cas que les patriciens ne tinssent pas les paroles données ^ (ce qui eût causé, à tous les instants, des séditions et aurait troublé toutes les fonctions des magistrats), on jugea qu’il valait mieux créer une magistrature qui pût empêcher les injustices faites à un plébéien^. Mais, par une maladie éternelle des hommes, les plébéiens, qui avaient obtenu des tribuns pour se défendre, s’en servirent pour attaquer; ils enlevèrent peu à peu toutes les prérogatives des patriciens ; cela produisit des contestations continuelles. Le peuple était soutenu ou plutôt animé par ses tribuns, et les patriciens étaient défendus par le sénat, qui était presque tout composé de patriciens, qui était plus porté pour les maximes anciennes, et qui craignait que la populace n’élevât à la tyrannie quelque tribun.
p. 116, et n. 5. La « loi » est-elle vraie ? on l’a beaucoup discutée.
* Cherchez à votre tour des exemples d’Etats où l’aristocratie gouverne par les « Sénateurs », et voyez si ceux-ci sont toujours détestés par le peuple :
Rome, Venise, l’Angleterre, etc.
Cf. p. 161, n. 4.
1. Montesquieu n’affirme pas ici que son idéal est la démocratie ; lisez attentivement le contexte ; il ne dit pas davantage que la démocratie fait disparaître « l’envie et la jalousie »
à l’égard des dirigeants ; il dit que ces sentiments y sont « moins » forts, et c’est déjà beaucoup.