‹ Morceaux choisisChapitre 146 sur 369 · Borner dans = circonscrire dans · texte numérisé non relu

Borner dans = circonscrire dans

3. (( Les affranchis et ceux qu’on appelait capite censi, parce que, ayant très peu de bien, ils n’étaient taxés que pour leur tête, ne furent point d’abord enrôlés dans la milice de terre, excepté dans les cas pressants. Servius Tullius les avait mis dans la sixième classe, et on ne prenait des soldats que dans les cinq premières. Mais Marins, partant contre Jugurtha, enrôla indifféremment tout le monde. Milites scrïbere, dit Salluste, non mor^ majorum, neque classibus, scd uti Qujiisque libido erat, capite censos plerosque. (J)e Bello Jugurth.) Remarquez que, dans la division par tribus, ceux qui étaient dans les quatre tribus de la ville étaient à peu près les memes que ceux qui, dans la division par centuries, étaient dans la sixième classe. )) (M,).

« Marius levait les soldats non suivant l’ancienne coutume ni d’après les classes, mais indistinctement, selon qu’ils se présentaient, et c’étaient des prolétaires pour la plupart. »

Dans cette constitution aristocratique, l’impôt du sang et l’impôt en nature sont des « droits »

civiques {Jugurtha^ LXXXVI).

Le consul, assisté des tribups militaires, réunit le peuple au Champ-de-Mars, dresse la liste des citoyens qui ont le droit de porter les armes, et les inscrit d’office, Marius, en admettant les enrôlés volontaires, viole Tancienne coutume; en admettant les prolétaires, il viole le recrutement par classes, la classe étant impropre au service. (Cf. p. 164 et n. 4.)

4. 16 campagnes pour le fantassin, 10 pour le cavalier, tel est le service obligatoire.

voir de plus loin la Ville ^ Ce ne furent plus les soldats de la République, mais de Sylla, de Marius, de Pompée, de César, Rome ne put plus savoir si celui qui était à la tête d’une armée dans une province était son général ou son ennemi.

Tandis que 2 le peuple de 'Rome ne fut corrompu que par ses tribuns, à qui il ne pouvait accorder que sa puissance même, le sénat put aisément se défendre, parce qu’il agissait constamment ; au lieu que la populace ^ passait sans cesse de l’extrémita de la fougue à l’extrémité de la faiblesse. Mais, quand le peuple put donner à ses favoris une formidable autorité au dehors, toute la sagesse du sénat devint inutile, et la république fut perdue^.

Ce qui fait que les Etats libres durent moins que les autres, c’est que les malheurs et les succès qui leur arrivent leur font presque toujours perdre la liberté ; au lieu que les succès et les malheurs d’un Etat où le peuple est soumis confirment également sa servitude. Une république sage, ne doit rien hasarder qui l’expose à’ia bonne ou à la mauvaise fortune : le seul bien auquel elle doit aspirer, c’est à la perpétuité de son Etat^.

Si la grandeur de l’empire perdit la République, la grandeur de la Ville ne la perdit pas moins^.

Rome avait soumis tout l’univers avec le secours des peuples d’Italie, auxquels elle avait donné en différents temps divers privilèges^. La plupart de ces peuples ne

1. La Ville par excellence, Rome {Urbs en latin) — (synecdoque ou antonomase).

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