C Jus Latii, jus Italicum. » (M
« Droit latin, droit italien ».
Le « droit latin » est réservé d’abord aux villes de la confé dération latine, puis aux colo
MONTESQUIEU
s’étaient pas d’abord fort souciés du droit de bourgeoisie chez les Romains ; et quelques-uns aimèrent mieux garder leurs usages b Mais^ lorsque ce droit fut celui de la souveraineté universelle, qu’on ne fut rien dans le monde si l’on n’était citoyen romain, et qu’avec ce titre on était tout, les peuples d’Italie résolurent de périr ou d’être Romains : ne pouvant en venir à bout par leurs brigues et par leurs prières, ils prirent la voie des armes^ ; ils se révoltèrent dans tout ce côté qui regarde la mer Ionienne ^ ; les autres alliés allaient les suivre. Rome, obligée de- combattre contre ceux qui étaient pour ainsi dire les mains avec lesquelles elle enchaînait l’univers, était perdue ; elle allait être réduite à ses murailles : elle accorda ce droit tant désiré aux alliés qui n’avaient pas encore cessé d’être üdèles'*, et peu à peu elle l’accorda à tous.
Pour lors Rome ne fut plus cette ville dont le peuple n’avait eu qu’un même esprit, un même amour pour la liberté^ une même haine pour la tyrannie ; où cette jalousie du pouvoir du sénat et des prérogatives des grands, toujours mêlée de respect, n’était qu’un amour de l’égalité. Les peuples d’Italie étant devenus ses citoyens, chaque ville y apporta son génie ses intérêts
nies fondées au nom de cette ligue ; en 90, ces villes reçurent le droit de cité. Mais le « droit latin » persiste, et c’est un pri- Ailège qui peut être accordé à d’autres villes que celles du Latium.
Le « droit italien » est postérieur ; il donne à certaines cités provinciales les privilèges financiers des villes d’Italie. (Cf.
1. « Les Eques disaient dans leurs assemblées : Ceux qui ont pu choisir ont préféré leurs lois au droit de la cité romaine, qui a été une peine nécessaire pour ceux qui n’ont pu s’en défendre, Tite-Live, L. IX. )> (M.) Ohap.
Il faut noter que cette phrase est dans un discours des Eques qui prononcent, nous dit l’nistorien, des« propos insulfants»; Tite-Live ne les prend pas à son compte. Les peuples qui luttaient pour garder leurs usages, se voyaient offrir, non pas le droit de cité complet, mais un
de ces traités savamment nuancés dont nous avons parlé plus haut. (Cf. p. 147, n. 6.)
2. C’est la Guerre sociale, une des plus dangereuses qui aient menacé Rome. En 2 ans (90-88), elle coûta la vie à 300,0(K) Romains ou Italiens. Les socii alliés forcèrent les portes de la cité, avec les lois JuLia et Plautia Papiria (90, 89).
3. (( Les Asculans, les Marses, îes Vestins, les Marrucins, les Férentans, les Hirpius, les Pompéïans, les Venusiens, les Japiges, les Lucaniens, les Samnites et autres. Appian : De la Guei'i'e civile, L. I. » (M.), chap.
4. (( Les Toscans, les ITmbriens, les Latins. Cela porta quelques peuples à se soumettre ; et comme on les fit aussi citoyens, d’autres posèrent encore les armes ; et enfin, il ne resta que les Samnites qui furent exterminés .»