Exspatiantia tecta multos addU
dere urhes, dit Pline, Histoire naturellef L. III, » (M.), chap. VI, § 55. (( A mesure que les maisons débordèrent, de nombreuses vüles s’ajoutèrent aux anciennês. » .
Sans doute, Rome avait gardé l’enceinte de Servius Tullius ; mais Aurélien avait fait construire d’autres murailles pour jirotéger les faubourgs prodi»
gieuseinent accrus, et celles-là enfermaient un espace de 1,396 hectares, et avaient un circuit de 23 kil. L’enceinte était donc plus grande qu’aujourd’hui.
5. « On portait autrefois d’Italie, dit Tacite, du blé dans les provinces reculées, et elle n’est pas encore stérile ; mais nous cultivons l’Afrique et l’Eg3q)te, et nous aimons mieux exposer aux accidents la vie du peuple romain.
Annales, L. XH. (M.), chap. XLiu.
CONSIDÉRATIONS
Orient, Rome presque entière y passa : les grands y menèrent leurs esclaves, c’est-à-dire presque tout le peuple ; et l’Italie fut privée de ses habitants
Pour que la nouvelle ville ne cédât en rien à l’ancienne, Constantin voulut qu’on y distribuât aussi du blé, et ordonna que celui d’Egypte serait envoyé à Constantinople, et celui de l’Afrique à Rome : ce qui, me semble, n’était pas fort sensé.
Dans le temps de la république, le peuple romain, souverain de tous les autres, devait naturellement avoir part aux tributs : cela fit que le sénat lui vendit d’abord du blé à bas prix, et ensuite le lui donna pour rien. Lorsque le gouvernement fut devenu monarchique, cela subsista contre les principes de la monarchie : on laissait cet abus à cause des inconvénients qu’il y aurait eu à le changer. Mais Constantin, fondant une ville nouvelle, l’y établit sans aucune bonne raison^.
Lorsque Auguste eut conquis l’Egypte, il apporta à Rome le trésor des Ptolomées ; cela y lit à peu près la même révolution que la découverte des Indes a faite depuis en Europe, et que de certains systèmes ont faite de nos jours^.’ Les fonds doublèrent de prix à Rome ^ ; et, comme Rome continua d’attirer à elle les richesses d’Alexandrie, qui recevait elle-même celles de l’Afrique et de l’Orient, l’or et
1. Montesquieu a une tendance naturelle à outrer la portée de ses textes. Parce qu’il lit que Constantin a transporté à Constantinople des familles entières, de Rome et des provinces (Sozomène, Histoire ecclésiastique^ II, ni), il écrit cette formule plus énergique que vraie.
Sozomène (P* moitié du 5« siècle) est un historien ecclésiastique grec, qui écrit avec élégance et pureté.
2. Il nous est difficile de suivre ici Montesquieu. Quand le peuple romain a conquis le monde^ les provinces sont ses territoires, et il est tout naturel qu’on lui distribue le blé qui pousse dans ses domaines : rien n’est changé, lorsqu’on transporte ailleurs la capitale. Le peuple reste propriétaire du sol conquis, c.-à-d. du territoire de l’empire. C’est de ce point de
vue que Montesquieu aurait dû juger.
Quant aux <r principes de la monarchie », ils n’ont rien à voir là-dedans. La seule forme monarchique n’est pas celle de la France du 18® siècle où, en effet, le peuple nourrit le souverain. Il eût été fatal aux empereurs ' romains de ne pas satisfaire les sujets qui réclamaient sans cesse : « Du pain et des jeux du cirque ».
3. Système de Law. Passe encore pour la comparaison avec le système de Law, mais la découverte des Indes et de l’Amérique eut des conséquences bien plus importantes !
4. « Suétone, in Augusto ; Orose, L. VI. Rome avait eu souvent de ces révolutions. J’ai dit que les trésors de Macédoine qu’on y apporta avaient fait cesser tous les tributs. Cicéron, Des Offices, L. II. » (M.). Suétone, Sur Auguste, XLI ; Orose, VI, xix, 19.
MONTESQUIEU
l’argent devinrent ti’ès communs en Europe ; ce qui mit les peuples"en état de payer des impôts très considérables en espèces.
Mais lorsque Tempire eut été divisé, oes richesses allèrent à Gonstaiîtinople. On sait d’ailleurs que les mines d’Allemagne n’étaient point encore ouvertes ^ ; qu’il y en avait très peu en Italie et dans les Gaules ^ ; que, depuis les Carthaginois, les mines d’Espagne n’étaient guère plus travaillées, ou du moins n’étaient plus si riches L’Italie, qui n’avait plus que des jardins abandoifïiés, ne pouvait, par aucun moyen, attirer l’argent de l’Orient, pendant que l’Occident, pour avoir de ces marchandises, y envoyait le sien. L’or et l’argent devinrent donc extrêmement rares en Europe ; mais les empereurs y voulurent exiger les mêmes tributs : ce qui perdit tout^.
Lorsque le gouvernement a une forme depuis longtemps établie, et que les choses se sont mises dans une certaine situation, il est presque toujours de la prudence de les y: laisser, parce que les raisons, souvent compliquées et inconnues, qui font qu’un pareil Etat a subsisté, font qu’il se maintiendra encore; mais, quand on change le système total, on ne peut remédier qu’aux inconvénients qui se présentent dans la théorie, et on en laisse d’autres que la pratique seule peut faire découvrir®.