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CHAPITRE XVIII

Nouvelles maximes prises par les Romains

Quelquefois la lâcheté des empereurs, souvent la faiblesse de l’empire, lirent que l’on chercha à apaiser par de l’argent les peuples qui menaçaient d’envahir 2. Mais la paix ne peut point s’acheter, parce que celui qui l’a vendue n’en est que plus en état de la faire acheter encore.

11 vaut mieux courir le risque de faire une guerre malheureuse que de donner de l’argent pour avoir la paix ; car 6n respecte toujours un prince lorsqu’on sait qu’on ne le* vaincra qu’après une longue résistance.

D’ailleurs, ces sortes de gratifications se changeaient en tributs, et, libres au commencement, devenaient nécessaires : elles furent regardées comme des droits acquis ; et, lorsqu’un empereur les refusa à quelques peuples ou voulut donner moins, ils devinrent de mortels ennemis. Entre mille exemples, l’armée que Julien mena contre les Perses fut poursuivie dans sa retraite par des Arabes à qui il avait refusé le tribut accoutumé ^ ; et d’abord après sous l’empire de Valentinien, les Allemands, à qui on avait offert des présents moins considérables qu’à l’ordinaire, s’en indignèrent^ et ces peuples du nord, déjà gouvernés par le point

sont conservés de forts importants fragments de Dion Gassius.

On redit constamment que Montesquieu fait vraiment trop peu de place au christianisme avant le 6® siècle. Mais les historiens du temps lui apprenaient que le christianisme n’avait eu en effet qu’une influence très secondaire sur la x)olitique extérieure, les réformes administratives de Dioclétien, les réformes financières, les invasions etc. UHistoire des Institutions politiques de l'ancienne France par Fustel de Coulanges ne fait pas plus de place dans cette période à l’influence du christianisme. Voir d’ailleurs notre Notice^ p. 33.

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