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Chapitre Premier

Des lois, dans le rapport qu’elles ont avec les divers êtres.

Les lois, dans la signification la plus étendue, sont les rapports nécessaires qui dérivent de la nature des choses ' ; et, dans ce sens, tous les êtres ont leurs lois : la divinité^ a ses lois, le monde matériel a ses lois, les intelligences supérieures à riiômme ont leurs lois, les bêtes ont leurs lois, Phomme a ses lois.

Ceux qui ont dit qu’imc fatalité aveugle a produit tous les effets que nous voyons dans le monde, ont dit une grande absurdité ; car quelle plus grande absurdité qu’une fatalité aveugle qui aurait produit des êtres intelligents 3?

Il y a donc une raison primitive^ ; et les lois sont les

1 . Définition célèbre et très controversée. Sans entrer dans le détail de toutes les objections et de toutes les réponses qui leur ont été faites, voj^ons bien qu’elle s’oppose à celle de Hobbes qui considère la loi comme une institution humaine. La loi (physique, morale et politique) dérive de la nature des choses, c.-à-d. elle est l’expression de rapports constants et réguliers qu’on observe entre les choses, et non la création, l’invention de législateurs. Ainsi, de même que nécessairement les corps s’attirent en raison directe de leur masse et en raison inverse de leur distance, de même, dans une société donnée, les relations de la vie politique ou sociale sont nécessairement déterminées de telle ou telle façon. (Cf.

p. ex. p. 218, n. 4, etc.)

On conçoit d^ailleurs comment les jansénistes, en isolant cette phrase, pouvaient accuser Montesquieu de fatalisme et de « spinozisme ». Montesquieu devait répondre qu’au contraire il écrivait pour combattre Spinoza et qu’un certain nombre de passages du livre étaient une réfutation du spinozisme. (Voir note 3.)

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