‹ Morceaux choisisChapitre 197 sur 369 · La loi, dit Plutarque, est la reine · texte numérisé non relu

La loi, dit Plutarque, est la reine

de tous, mortels et immortels. » Au traité : Qu’il est requis qu’un prince soit savant. (M.).

3. C’est surtout à Hobbes que Montesquieu songe ici ; à Hobbes, philosophe anglais (1588- 1679), dont la philosophie peut se résumer ainsi : en métaphysique, matérialisme ; en morale, égoïsme ; en politique, despotisme.

Et aussi, Montesquieu pouvait opposer ce texte à ceux qui l’accusaient de suivre Spinoza (Amsterdam, 1632-1677), dont le ]3anthéisme fataliste avait soulevé de violents orages : rien au monde ne pouvant être indépendant de Dieu, disait Spinoza, l’homme n’a aucune puissance et aucune liberté (panthéisme, fatalisme),

4. « Donc » : c’est en effet une conséquence ; on voit là ce qu’on appelle la preuve de l’existence de Dieu par les causes finales ; on peut les résumer ainsi : « On ne pourrait comprendre d’où viendrait dans ce tout qui n’entend pas, cette partie qui entend, l’intelligence ne pouvant pas naître d’une chose brute et insensée. » (Bossuet, De la connaissance de Diea et de soi-même, chap. VU, § VI.)

DE l’esprit des LOIS

rapports qui se trouvent entre elle et les différents êtres, et les rapports de ces divers êtres entre eux^.

[De ce principe découlent toutes les applications particulières auxquelles Montesquieu s’arrête dans ce premier chapitre ; il passe en revue : a) les lois relatives à Dieu ; b) les lois du monde matériel ; c) les lois relatives k l’être intelligent, qui, contrairement aux bêtes, a une nature incohérente, contradictoire, et qui par suite a besoin de lois pour le ramener à Dieu (lois religieuses), à lui-même (lois morales), à son prochain (lois politiques et civiles) (chap. i^^).

Avant celles-là sont les lois de la nature, différentes des lois positives, et Montesquieu, en montrant cette différence, précise son objet tout expérimental, tout scientifique (chap. ii).

Il reste à terminer cette introduction philosophique en indiquant : a) quel est le fondement des lois positives ; h) quelle est la classification générale qu’on en peut faire ; c) quelles sont les conditions principales dont elles dépendent : c’est le but du chapitre iii.]

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