G.-à-d. les élections des magistrats et le vote des lois
7. Il n’y a donc pas dans la république, telle que la conçoit Montesquieu d’après les républiques antiques, de système représentatif : comment des républiques beaucoup plus étendues pouvaient-elles avoir des ministres élus par le peuple?
Le peuple n’abdique pas sa souveraineté, comme le pense aussi Rousseau, parce que ses représentants élus nomment des ministres responsablesde vanteux.
MONTESQUIEU
d’être conduit par un conseil ou sénat. Mais, pour qu’il yi ait confiance, il faut qu’il en élise les membres, soit qu’il les choisisse lui-même, comme à Athènes ; ou par quelque magistrat qu’il a établi pour les élire, comme cela se pratiquait à Rome dans quelques occasions^.
Le peuple est admirable pour choisir ceux à qui il doit confier quelque partie de son autorité 3. Il n’a à se déterminer que par des choses qu’il ne peut ignorer, et des faits qui tombent sous les sens. Il sait très bien qu’un homme a été souvent à la guerre, qu’il y a eu tels ou tels succès : il est donc très capable d’élire un général. Il sait qu’un juge est assidu, que beaucoup de gens se retirent de son tribunal contents de lui, qu’on ne l’a pas convaincu de corruption : en voilà assez pour qu’il élise un préteur. 11 a été frappé de la magnificence et de la richesse d’un citoyen : cela suffit pour qu’il puisse choisir un édile Toutes ces choses sont des faits dont il s’instruit mieux dans la place publique qu’un monarque dans son palais. Mais Saura-t-il conduire une affaire, connaître les lieux, les occasions, les moments, en profiter? Non, il ne le saura pas.
Si l’on pouvait douter de la capacité naturelle qu’a le peuple pour discerner le mérite, il n’y aurait qu’à jeter les yeux sur cette suite continuelle de choix étonnants que firent les Athéniens et les Romains : ce qu’on n’attribuera pas sans doute au hasard
On sait qu’à Rome, quoique le peuple se fut donné le droit d’élever aux charges les plébéiens, il ne pouvait se résoudre