Y = en lui. Cf. Crouzet..., Gr. Fr., p
% Les censeurs (Cf. p. 162) dressent tous les cinq ans la liste des sénateurs qui comprend : 1° les anciens membres, maintenus après vérification de leurs titres ; 2° les nouveaux, choisis pour remplacer ceux qui sont morts ou qu’on a omis à dessein ; les nouveaux sont pris parmi les anciens magistrats jusques et y compris les questeurs ; en fait ils sont donc élus par le peuple. Notez qu’Aristote juge le sénat comme une institution très démocratique.
3. Aristote (op. cit. III, vi, 7) est plus réservé quand il note que « la masse sent toujours les choses avec une intelligence suffisante » , mais Machiavel {Discours sur Tite-Lwe, I, xviii)
met pour le choix des magistrats le peuple infiniment audessus du prince, car « le peuple ne se trompe jamais, etc. ».
4. Le peuple romain élit ses consuls, à la fois chefs militaires (généraux), civils, juges, etc. ; les préteurs, chargés spécialement de la juridiction civile (détachée des pouvoirs consulaires) ; les édiles qui non seulement s’occupent des jeux, mais des approvisionnements, de juridiction, etc. Montesquieu simplifie.
0. C’est voir l’histoire ancienne à travers Plutarque, Tite- Live, et comme Corneille. Le peuple athénien fut dur pour ses grands hommes, et, pas plus que ceux du peuple romain, ses choix ne furent pas toujours admirables.
DE l’esprit des LOIS
à les élire 1 ; et quoique à Athènes on pût, par la loi d’Aristide, tirer les magistrats de toutes les classes, il n’arriva jamais, dit Xénophon, que le bas peuple demandât celles^ qui pouvaient intéresser son salut ou sa gloire^.
Gomme la plupart des citoyens, qui ont assez de suffisance^ pour élire, n’en ont pas assez pour être élus ; de même le peuple, qui a assez de capacité pour se faire rendre compte de la gestion des autres, n’est pas propre à gérer par lui-même.
11 faut que les affaires aillent, et qu’elles aillent un certain mouvement^ qui ne soit ni trop lent ni trop vite®. Mais le peuple a toujours trop d’action ou trop peu. Quelquefois avec cent mille bras il renverse tout ; quelquefois avec cent mille pieds il ne va que comme les insectes.
Dans l’État populaire on divise le peuple en certaines classes. C’est dans la manière de faire cette division que les grands législateurs se sont signalés ; et c’est de là qu’ont toujours dépendu la durée de la démocratie et sa prospérité
Servius Tullius suivit, dans la composition de ses classes®, l’esprit de l’aristocratie. Nous voyons, dans Tite- Live® et dans Denys d’Halicarnasseï®, comment il mit le droit de suffrage entre les mains des principaux citoyens. 11 avait divisé le peuple de RoSie en cent quatre-vingttreize centuries, qui formaient six classes. Et mettant les riches, mais en plus petit nombre, dans les premières centuries, les moins riches, mais en plus grand nombre, dans les suivantes, il jeta toute la foule des indigents dans la dernière: et chaque centurie n’ayant qu’une voix^b c’étaient les moyens et les richesses qui donnaient le suffrage plutôt que les personnes